Saint Ikrnaid
ses mœurs, son péché fut son orgueil et son propre amour, une idolâtrie secrète de sa personne et une ambition criminelle d'être aimée et adorée. Elle fut pécheresse parce qu'elle fut vaine et parce qu'elle s'aima avec excès. Mais l'amour divin qui loucha son cœur sut bien venger Dieu de l'un et de Tautre... Aimantée Dieu de pureté et de sainteté et ne voyant en elle que corruption et désordre, comment aurait-elle pu se défendre de concevoir pour elle-même non seulement du mépris, mais de l'horreur?... Elle aimaDieu, etdu moment qu'elle l'aima, elle cessa d'avoir ces soins excessifs d'une beauté fragile. Yoyez-la aux pieds de Jésus, les cheveux épars, le visage abattu, les yeux baignés de larmes. Pense-t-elle en cet état à ce qui peut la rendre plus agréable ? Craint-elle, à force de pleurer, de ternir et de défigurer son visage? Que ce visage, dont j'ai été idolâtre, soit couvert d'un opprobre éternel, s'écrie-t-elle... Remarquez, Mesdames, ces paroles, elle les emprunte à saint Jérôme, et si vous êtes chrétiennes, ne préférez pas au sentiment de ce grand homme l'erreur d'une fviusse conscience qui vous séduit : « Ce visage que tant de fois j'ai voulu déguiser par des couleurs empruntées, qu'il soit couvert d'un opprobre éternel ^ » Ainsi en jugea Madeleine. « Elle aima, et parce qu'elle aima, elle voulut faire à Dieu une réparation solennelle de tous les attentats de son orgueil... Elle se souvint des pièges dressés à