‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 95 sur 347 · Lettre à Blésllla · texte numérisé non relu

Lettre à Blésllla

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l'innocence, des ruses employées pour séduire, des charmes étalés pour corrompre '. » Tels sont les termes dont se sert Bourdaloue pour montrer le cœur de lu pécheresse transformé sous l'empire du divin amour. Cette beauté dont Madeleine a été si enivrée et si fière, dont elle a fait sa passion et sa vie, elle la sacrifie et la dédaigne. Elle découvre en elle une beauté supérieure à cette beauté mortelle, la beauté de son àme, et, comme dans sa folie elle l'a méconnue et souillée, elle veut désormais lui rendre son éclat et le culte qui lui est dû. Voyez-la abattue aux pieds du Sauveur, elle y dépose toutes ses armes : ses parfums précieux, ses cheveux tant vantés, ses y^ux qu'elle rendait trop touchants dont elle éteint le feu dans un déluge de larmes, et c'est parce que Dieu l'a vaincue qu elle devient victorieuse d'elle-même.

Non seulement l'amour de Dieu expia le péché de Madeleine, mais il en purifia la source. « Cette source de son péché était son cœur, un cojur sensible et tendre. Or, pour le purifier, elle aima; mais elle aima celui qui ne peut être trop sensiblement ni trop tendrement aimé; et par là elle fit de sa sensibilité et de sa tendresse un mérite et une vertu. Elle comprit que ce n'était pas en vain que Dieu lui avait donné un cœur tendre ; que ce cœur était fait pour lui, et que, si jusqu'alors il avait été dans le trouble, ce n'était point parce qu'il était tendre, mais parce

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