‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 97 sur 347 · Sennon sur la Conversion de Madeleine · texte numérisé non relu

Sennon sur la Conversion de Madeleine

larmes. Ainsi elle trouve dans son luxe même de quoi honorer le Fils de Dieu, el dans sa vanité de quoi lui faire un agréable sacrifice. Voilà, femmes du monde, une pénitence solide : sacrifier à Dieu la matière du péché, car être convertie et être cependant aussi mondaine et aussi vaine que jamais; être dans la voie de la pénitence et être cependant aussi esclave de son corps, aussi abandonnée à ses aises, aussi soigneuse de se procurer les commodités de la vie; réduire tout à des paroles, à des maximes, à de prétendues résolutions, c'est une chimère ; et compter alors sur sa pénitence, c'est s'aveugler soi-même et se trompera »

Et, à la pensée de toutes les réformes que les mondaines auraient à accomplir, Bourdaloue ajoute : « A Dieu ne plaise, Mesdames, que je veuille marquer ici ce que la pénitence doit réformer dans vos personnes : outre que ce détail irait trop loin, peutêtre en feriez-vous encore le sujet de vos censures... Demandez-vous à vous-mêmes si ce luxe qui croît tous les jours, si cette suj^erfluité d'ajustements et de parures toujours nouvelles s'accorde avec l'humilité de la pénitence... Et, si vous me répondiez que ce ne sont point là des crimes, qui doute, vous dirais-je sans hésiter, que Dieu ne condamne ce qui, de notre aveu, sert d'attrait au péché, ce qui excite les passions, ce qui entretient la mollesse, ce qui inspire l'orgueil'?» Bourdaloue avait présentes à

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