‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 106 sur 367 · LA PRÉDICATION VIVANTE OU LES SERMONS PARLÉS · texte numérisé non relu

LA PRÉDICATION VIVANTE OU LES SERMONS PARLÉS

ESSAI DE CHRONOLOGIE RECONSTITUTION DE LA CARRIÈRE ORATOIRE DE BOURDALOUE

D'APRÈS LES TÉMOIGNAGES CONTEMPORAINS Celui qui extrait des diamants d'une miae ne doit pas

être confonda.., avec l’ouvrier qui les polit.

Dreux du Radier (Journal de Verdun, juillet 1760).

Ûh

ae L'A

+ y 1 EM l'44 |

A PRIOR: he

La seconde partie de cette étude, — la plus chargée, — essaie la reconstitution dela carrière oratoire de Bourdaloue, pour montrer en acte ses sermons. Suivant l’ordre historique des faits, elle venait la première, les sermons ayant été prononcés avant d’être {ranserits où imprimés; mais une logique plus impérieuse exigeait que fût traitée d’abord la question préjudicielle de lauthenticité des sermons venus jusqu'à nous. Le problème à résoudre, la fidélité de l’édition Bretonneau, devait être le premier abordé de front, car sans cette discussion préalable lis toire critique de la prédication de Bourdaloue eût manqué de base.

Aussi bien, devions-nous voir ce que valent et les éditions, clandestines ou officielle, et les copies contemporaines qui nous promeltent un dédommagement partiel à la perte des manuscrits. Parfois d’ailleurs, trop rarement, les recueils anciens nous ont fourni des dates sûres.

Quant à la chronologie des sermons, il n’y faut chercher ni plus ni autre chose que ce qu’annonce le titre d’Æssar. Ce ne peut être ni une œuvre définitive, ni une synthèse complète, ni même une collection de découvertes originales, bien que les résultats nouveaux n’y manquent pas: c’est l’'ébauche nécessaire d’une préface à l’édition historique. Il y à fallu rassembler tout d’abord, sauf à les reviser et contrôler par une critique un peu intolérante, les points acquis jusqu’à ce Jour ou présentés comme tels.

Je tiens donc à déclarer à ce propos que, pour éviter des recommencements perpétuels, funestes en chronologie

re

comme en biographie, je me ferai une loi, dussé-je lasser par mon insistance, de distinguer toujours ce qui, dans cette histoire, est acquis et prouvé, du domaine encore vaste des hypothèses et des résultats problématiques. Aussi à cause de cela serai-je forcé de contredire souvent un auteur dont le livre récent, composé avec un zèle digne de louanges et une sincère admiration pour Bourdaloue, ne s’est point assez soucié de cette rigueur. Qu’on veuille done croire que la multitude des critiques de détail qui relèveront plusieurs affirmations prématurées, inexactitudes et lacunes du Bourdaloue de M. le chanoine Pauthe, n’aura rien de désobligeant pour cet estimable ouvrage de vulgarisation sur lequel j'ai déjà dit ailleurs ma pensée !. Les éloges qu’a reçus ce livre de plumes plus autorisées que la mienne rendent d'autant plus nécessaire celle attention à établir le départ entre les assertions bien prouvées et les autres, qu'on pouvait prendre ce livre, sinon pour définitif, au moins pour le dernier mot donné Jusqu'ici sur Bourdaloue. Par malheur il y faudra constater plusieurs erreurs que le P. Lauras, où l’on trouve aussi beaucoup à reprendre, avait cependant évitées. Pour qui du reste ne cherche qu’à servir la vérité, — et tel est le but de l'honorable historien des Maîtres de la chaire en France au dix-septième siècle, — toute erreur signalée est un bon office rendu.

En ce qui me concerne, je puis assurer de ma vive reconnaissance quiconque voudra bien m'aider à corriger les errata où à combler les lacunes inévitables dans cette exploration rétrospective de la vie de Bourdaloue. Anatole Feugère avait dit ? que notre orateur, ayant « gardé

Page 1