V. cet acte cité dans Lauras, t. 1, p
2. Etrange sort des grands hommes sur lesquels on a le plus écrit, dit
M.J.-B. Tausserat dans sa remarquable et très scientifique Étude généalogique sur les Bourdaloue. (Paris, Retaux, 1900, in-8, pp. 122). On ne sait au juste de Bourdaloue, ni quel jour il est né, ni quel mois il est entré chez les Jésuites, ni où il a été enseveli Ce qui n'empèche pas le P. Lauras de demander dans sa préface ce qu'on peut bien dire «après M. Anatole Feugère! » (P. 33.) On sait que quatre inscriptions, à Saint-Paul Saint-Louis, offrent le nom de Bourdaloue : Quelle est celle qui recouvre ses restes ? — Nous pouvons ajouter: On s'était trompé sur la date même de sa profession (Cf. p. 254). Tant il est vrai qu'il ne se faut point lasser de rectifier et contrôler. V. note a, p. 281.
LA GÉNÉALOGIE DE BOURDALOUE Ai
méthode détestable et qui ne fait guère avancer les recherches, même quand elle ne crée pas des légendes de nature à les dévoyer.
A ce Utre, 1l faut reprocher à M. l’abbé Pauthe de donner sans aucune hésitation la date de naissance de son héros. Ia vu cependant, puisqu'il le cite, Pouvrage de M. Tausserat sur Vierson, et bien que son livre ait été composé peut-être {rop tôt pour Urer parti de l’£tude généalogique du même auteur sur les Bourdaloue f, il ne me semble point absolument excusable d’avoir cru, comme il le paraît faire, à lantiquité et à la noblesse de cette famille de robe dont 1l parle un peu trop d’après le P. Anselme et les auteurs de même note. Ceux-ci pouvaient encore, comme le P. Lauras en 1881, tenir pour exactes ces généalogies manuscrites du cabinet des titres ?, composées par Robert Hodeau, oncle de notre orateur « afin de donner après coup une origine féodale à la famille » des Bourdaloue. Mais dès l’année 1883, une polémique échangée dans la Æeoue du Centre entre MM. Beauchesne et Tausserat, avait démontré linanité de ces prétentions nobiliaires. Il eût donc été souhaitable que le biographe insistät un peu plus sur les résultats acquis. La question n’est guère de notre ressort et Péloquence de Bourdaloue n’a rien à voir avec le passé de ses ancêtres. Mais il ne nous déplait pas (et il ne faut pas faire à Bourdaloue l'injure de penser qu’il lui eût déplu) de rappeler qu’au delà des deux générations d’échevins représentées par Etienne et Claude, son grand-père et'son aïeul, établis à Bourges, ses parents avaient été à Vierzon, marchands bourgeois, et ses grands oncles ou cousins, teinturiers, apothicaires ou chapeliers°. Il était honorable à cette famille d’ascension
1. On voit du reste, p. 499 du livre de M. Pauthe, qu'il a connu à temps l'étude de M. Tausserat et aurait dû atténuer ces affirmations.
2. Les ms. 1019 et 1020 de la Bibliothèque nationale sont réduits à leur
valeur par le récent généalogiste des Bourdaloue. Cf. note Din 28e 3. VranotelC; pr 201:
récente, de reconnaître pour ancêtre Macé Bordaloe, tanneur du village de ce nom, le sixième aïeul du prédicateur, qui figure vers 1450 sur le rôle des tailles de Vierzon !. Mais ce qui l’honore plus et efface en quelque sorte la tentative de Robert Hodeau, fabriquant, par une supercherie assez commune, une généalogie de haute fantaisie pour donner à Marie Bourdaloue, sa femme, des ascendants issus d’un Guillaume de Bours d’Aloz, d’une grande famille féodale d'Alsace, c’est le trait de mœurs qu'a relevé M. Tausserat dans un contrat de mariage daté de 1619: |
Cet acte, dit le savant généalogiste, présente, et nous en possédons d’autres exemples, un tableau curieux et pris sur le vif des mœurs encore patriarcales du dix-septième siécle ; à part quelques rares exceptions, le soi-disant respect humain éloignerait aujourd’hui certainement de la célébration du mariage d’un artisan, malgré les prétendus progrès de la démocratie, les parents que les hasards de lat fortune auraient placés dans de belles situations. Nous sommes donc heureux de constater que dans cette famille... la fortune rapide et étonnante de plusieurs de ses membres n'a nullement relâché les liens de parenté ni oblitéré le bon sens ; Claude Bourdaloue, le * bisaïeul du prédicateur figure au nombre des bienfaiteurs de Marie Dupont (sa nièce), assiste à son mariage, et cet avocat distingué qui, au nom d’une grande ville, eut l'honneur de saluer et de haranguer une reine de France, à son entrée solennelle dans la capitale de la province ?, trouve tout naturel d'accueillir comme sien un obscur cordonnier 3,
Cest en 1613 que, devenant échevin de Bourges, Claude Bourdaloue anoblissait sa famille en vertu du privilège accordé à cette ville dès l’année 1474. Les armoiries adoptées furent assez pompeuses : € d’azur au lion d’or couronné et regardant un soleil de même au canton