‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 110 sur 367 · LE BLASON DE BOURDALOUE · texte numérisé non relu

LE BLASON DE BOURDALOUE

dextre du chef!. » M. À. de Barral, dans un article sur deux livres de prix de Bourdaloue possédés par la bibliothèque de la ville de Bourges? y voit un blason prophétique et le P. Chérot a repris le même thème sur « ces armes plus que parlantes » ; il les nomme «une image anticipée et sasissante de l’orateur chrétien qui, dans la fierté de son langage apostolique, osera fixer et reprendre en face le Roi-Soleil Ÿ. » J'avoue pour ma part éprouver fort peu de goût pour ces applications allégoriques, et sans nier en rien la dignité et le courage avec lesquels Bourdaloue remplit son ministère à la cour comme dans les chaires de la capitale, je ne me le figure pas volontiers sous cet emblème du lion‘. Quant au Roi-Soleil, on a suffisamment de son temps usé de son image pour la laisser reposer dans sa gloire. J'accorderai tout au plus qu’elle est bien dans la note du siècle où les devises et autres ingénieux passe-temps étaient en grand honneur; 1l me semble toutefois que le choix de ces armes souffre une explication plus simple, n’eût-elle rien à voir avec Bourdaloue et son éloquence : selon toute vraisemblance, le nouvel échevin, amené à se choisir un blason, dut le faire composer de tout ce qu'il put trouver de plus royal. C’est peut-être la tentation la plus naturelle pour un roturier qui monte. D'ailleurs, malgré la pointe d’exagération de ces nouvelles armes, 1l faut reconnaître que Claude n’eut point trop mauvais goût, s’il voulait choisir un «écu » ayant grand air, sans surcharge maladroite.

Après tout, c'était un genre de faste qui n’était pas plus prétentieux que ne le fut, dans un ordre de choses

fl Lauras, 11, p. 245,

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