II. — Le collège. — La formation littéraire comme élève
ou comme maître.
Qu'il faille ou non chercher dans la famiile de Bourdaloue des influences sur sa vocation et sur ses sermons futurs, il est certain qu’une part d’action plus notable encore reviendrait à son éducation littéraire. Mais quand on à dit que le jeune Louis Bourdaloue entra en cinquièine l'an 16/40 dans ce collège Sainte-Marie, d’où Condé, débutant celte année-là à l’armée de Picardie, était sorti dès 1635, qu'il y gagna en seconde un prix de discours latin, décerné le 31 août 1644, et deux ans après, en rhétorique ‘, un prix de discours (disons de thème) grec, on a énuméré à peu près tout ce que nous savons de Bourdaloue écolier. Il faut ajouter encore, pour faire ressorur les souvenirs que Bourdaloue avait dû garder des Condé et de Henri I] de Bourbon, gouverneur du Berry, que le 3 avril 1647, il avait, durant son année de logique, tenu le rôle de « Galathée », fille & d'Uranie » (la France, fille de la Religion) dans un drame funèbre à la mémoire du Prince, dont il devait, à trente-six ans de là, prononcer l'éloge. Car pourquoi dédaigner cette date, une des premières saisissables et précises, où nous voyons notre futur prédicateur paraître en public? C'était déjà sans doute un apprentissage de lPéloquence, que cette déclamation où brillait, comme le déclare le programme, la fleur de la jeunesse de Bourges ?.
Bientôt le jeune homme allait se préparer plus efficacement en enseignant aux autres la grammaire, Îles belles-lettres, et plus tard la théologie.
1. V. Lauras 1, p. 9 et plus bas, note €, la rectification que mérite sa critique de Profillet.
2, Clearchus... drama funebre dabitur in thealrum ab selecto flore iuventulis collegi, Biluricensis socielalis Iesu. Chérot, Bourdaloue
inconnu, p. 122.