BOURDALOUE PROFESSEUR
Bourdaloue s'était formé à cette méthode en ensetgnant les Sciences pendant dix-huit ans 1.
Voilà à coup sûr une manière d'écrire l’histoire dont la faveur est passée, mais il n’est pas bien certain que nombre de gens cultivés ne continuent pas de s’imaginer que Bourdaloue fut pour le moins professeur de géométrie ou de mathématiques transcendantes, jusqu’au jour où un accident le fit appliquer à la chaire. Peut-être les succès qu'il avait eus dans ses propres études, et, qui sait, un goût naturel, un attrait pour les sciences exactes, avaient-ils fait hésiter un moment sur l'occupation à laquelle on le destinerait au sortir de ce second noviciat, cette probation d’une année qui précède les derniers vœux, et en quelque façon l’orientation décisive de la carrière à parcourir dans la vie active. Nous n’en savons rien, et en tous cas la décision fut prise dès l’année 1665, au sortir de Nancy. À partir de cette date, Bourdaloue est prédicateur en ütre. Bien plus, nous devons fixer à époque même du professorat cette découverte de la vocation à la chaire sacrée. Car la phrase de Bretonneau qui a fait poser sans doute cette affirmation d’une aptitude aux sciences, mot mal compris ponee tre et entendu « à la moderne », nous fournit aussi une réponse sur le moment de celte « conversion » vers le ministère de la parole :
nel n'avoit pas moins d'ouverture pour les sciences, dit-il, que de talent pour la chaire, il fut d’abord assez incertain du choix qu'il devoit faire, & de l'employ où le ciel le destinoit. Mais divers sermons qu'il prescha, pendant qu'il enseignoit la Theologie morale, furent si bien reçeus & tellement applaudis, que ses supérieurs se déterminerent à l'appliquer uniquement au ministere de la predication.
Selon toute vraisemblance, en qui venait de signaler les dispositions heureuses de RATS mani-
1. Feugère (p. 8) avait aussi « interprété » en ce sens et M. Castets à eu raison de rectifier cette erreur (p. 88, note 1). V. notes du livre 1, p. 284, note g.