RE LA FORMATION LITTÉRAIRE
festées durant les dix-huit premières années employées par lui « soit à ses propres estudes, soit à enseigner les lettres humaines, soit à professer la philosophie et la théologie, » entendait par « sciences » cet enseignement supérieur, dans lequel probablement, celui de la théologie morale surtout, son héros avait fait preuves de qualités éminentes. La méprise est en tout cas évidente dès qu’on parle des sciences «.professées » par lui, car à aucune époque de sa vie on ne lui voit assigné ce titre de professeur de sciences, au sens où nous l’entendons aujourd’hui.
Voici en effet les divers stades de sa formation pendant les années qui précèdent la « découverte » de son talent oratoire, faite à Rouen en 1663-1664. C'est au collège d'Amiens qu'il fut envoyé d’abord à la fin de 1650, et il passa quatre ans, enseignant la grammaire et les humanités. À l’automne de 1654, il fut de nouveau chargé de cette même classe au collège d'Orléans. Nous ne savons rien sur ce premier stage de « régence » durant lequel Bourdaloue parcourut, sans doute en suivant à Amiens ses premiers élèves, le cycle des « classes inférieures ».. Les humanités, la belle et riante « classe de seconde » venait à Ja suite des trois classes de grammaire, infima, media et suprema, que le magister scholarum inferiorum parcourait, quand les circonstances s’y prélaient, en même temps que les écoliers qu'il avait reçus comme débutants. Nous ne devons pas nous étenner que de cette période de sa vie les sermons ne nous révèlent rien. Mgr Blampignon la finement remarqué ; bien que Bourdaloue et Massillon eussent été l’un et l’autre suivant Pusage de leur Institut, appliqués à l’enseignement où, professant successivement toutes les classes, «on se retrempait ainsi dans les lettres »,
…. Peut-être pourtant Bossuet et Fénelon eurent-ils plus de bonheur encore. Lorsqu'en effet ils furent appelés à être l’un et l’autre précepteurs, 1ls étaient déjà initiés au monde, à la pratique de la vie, à la prédication, à l’art d'écrire, de sorte qu’ils se trouvèrent plus pleinement à même de profiter de ce retour aux études classiques... Ce qui