BOURDALOUE PROFESSEUR DE RHETORIQUE
une histoire. Plus terre à terre, notre chronologie, aride el même vague, avouera que nous ne savons rien de plus sur ces années d’études théologiques au collège de Paris. Ordonné prêtre en 1660 (on ignore le mois et le jour), Bourdaloue fut nommé pour l'exercice scolaire 1660-1661 professeur de rhétorique au collège de Rouen. Comme dès l’année suivante il enseigna la philosophie, ce serait donc à Rouen et en 1661 qu'aurait été dictée la rhétorique latine, conservée en manuscrit d'élève à la bibliothèque communale d'Alençon et traduite par M. Profillet. J'ai le regret de ne point parler de visu de ce cahier et celui aussi de n'être point convaincu «de l'authenticité de cette œuvre de Bourdaloue, trouvant peu démonstratives les raisons de cette attribution. Avant donc d'admettre et de faire mien le jugement de Feugère sur cette rhétorique « supérieure, dit celui-ci, à la plupart des traités du même genre » !, Je serais bien aise de voir se poser et se débattre la question préalable : Est-elle certainement de Bourdaloue ? Bien plus, tant la critique est soupçonneuse, me füt-1l prouvé que la rhétorique vient bien de Rouen — car il ne faut pas songer à Alençon, quoique le lycée soit, comme dit une note de M. Profillet, «ci-devant collège des jésuites», — la preuve ne serait pas faite que Bourdaloue a bien dicté une œuvre émanée de lui, et non pas un ancien cahier, reçu d’un confrère, pour parer aux nécessités d’une première année d'enseignement, qui fut pour lui Pannée unique. D'ailleurs ce recueil, arrivé aux mains de M. Profillet, nous à valu ainsi une notice très suggestive sur Bourdaloue. Pour rester fidèle cependant aux préoccupations critiques qui doivent dominer dans cette histoire, je présenterai mes doutes el mes réserves sur cet ouvrage attribué à Bourdaloue ? et sur l’étude dont il fut l’occasion.