‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 135 sur 367 · LA CHAIRE DE MALZÉVILLE · texte numérisé non relu

LA CHAIRE DE MALZÉVILLE

Le doute jeté sur l'antiquité de la chaire actuelle, ainsi que la description qui semble bien la rapporter au xvmwæ siècle, refroidissent un peu lintérêt pour cette « chaire de Bourdaloue » qui peut-être fut neuve quand déjà 1l dormait sous les dalles du Gesu de la rue Saint- Antoine. Regardons-la cependant puisque « peut-être » Bourdaloue y monta durant le carême de 1665 :

Suspendue à l'angle formé par le mur de fond du côté droit et le mur latéral de l’avant-chœur. Elle se compose d’une cuve à six pans, se dégradant au-dessous grâce à un encorbellement à volutes terminé par un pendentif sculpté en manière de clef de voûte... A vrai dire Je n'ai rien vu là qui soit du style Louis XIII ou Louis XIV, Les motifs de décoration me semblent plutôt du style du xvmme siècle, et tout l’ensemble fait songer à la chaire de Saint-Jacques à Lunéville 1,

Peut-être pour répondre au point d'interrogation que fait lever ce style, une inscription a été récemment posée doni lintention surtout vaut, car le fait d'y voir glissée une erreur de dix années et une affirmation fort sujette à conteste, prouve une fois de plus que les inscriptions commémoratives on! besoin d’être contrôlées. Celle-ci placée sur une porte adjacente à l’escalier moderne qui conduit à la chaire, offre sur le fronton «d’un encadrement en toile coloriée, imitation de fresque murale, en lettres noires ou dorées sur fond violet», les lignes suivantes qui se rapportent, à dix ans près, au souvenir de notre

prédication :

L'illustre

BOURDALOUE à (sic) Prêché en cette chaire l'Avent de 1655 et le Carême de 1656.

Il faut rejeter l’avent et, au lieu de 1656, c’est 1665 qu'il faut mettre; le carême est attesté par les Lilterae annuae, citées par le P. Lauras :

{. Autrefois Saint-Remi, élevée à Lunéville par Stanislas de 1730 à 1745. (Note extraite de la même lettre du P. Chérot.)

Nonitit nostri pro more, in pagis ad rusticos per quadragesimam, de Chrisliana vita recte insliluenda verba habuere. Inter alios UNUS 4LIQUIS tanto ardore, tantaque vi de rebus divinis dixit ad populum ut ad P. Rectorem delegatus Juerit vtr nobilis qui nomine totius Paroeciae, gratias egerit, qui addidit excussas sibi a novitio oratore, non sine ingenti animae suae consolatione et fructu, lacrymas.

Nous n'avons aucune raison de nous inscrire en faux contre identification faite de cet anonyme avec Bourdaloue. L’ Corateur novice » (selon l’expression due peut-être au notable encore ému d’avoir pleuré, aux sermons d’un prédicateur dont la réputation n’est point établie) est donc dès ses débuts véhément et pathétique, comme il semble bien l'avoir été toujours. Quant à la proposition qu'aurait faite ce député de la paroisse de fournir dix mesures du vin de Malzéville, pour goûter encore, à l’avent de l'année 1665, le même prédicateur, elle ne pouvait avoir de suite, car le troisième an de probation se terminait avant cette époque. La tradition locale relatée par les écrits cités dans Lauras paraît assez sérieuse pour faire admettre que loffre fut proposée. Elle n'autorise pas l'inscription qui garantit ou veut garantir que Bourdaloue prêcha dans Malzéville l’avent et le carême. Mais s’il ne faut pas laisser de rectifier la teneur de cette plaque commémorative, on ne saurait trop louer la pensée qui à présidé à l'érection de ce monument. Les habitants de Malzéville méritent d’être proposés à l’imitation de tous ceux à qui la tradition locale apprendrait le passage de Bourdaloue dans leur église.

Bourdaloue au collège d’Eu (1665-1666).

Sorti de sa retraite de Nancy, Bourdaloue fut envoyé comme «préfet des études et prédicateur !» au collège

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