MADEMOISELLE DE MONTPENSIER A EU
d'Eu. C’était la duchesse de Montpensier qui, succédant aux Guise, fondateurs du collège, dans la possession du comté d’Eu, avait le patronage de cette fondation. Elle y entendit sûrement le prédicateur de l’année et nous en avons pour preuve la préface de Bretonneau :
Il eut l'avantage en entrant dans cette carrière, qu'il a si heureusement fournie, écrit-il à propos des prédications de cette époque, d’estre connu de feu son Altesse Royale Mademoiselle, Cette Princesse dont la pénétration et le discernement, aussi bien que la grandeur d'ame égaloient la grandeur de la naissance !, l’entendit à la ville d'Eu, le gousta, l’honora non seulement de sa bienveillance mais de sa confiance ; & lui en a donné le plus sensible témoignage, en le faisant appeler pour la soutenir dans les derniers moments de sa vie, & pour l'aider à mourir chrestiennement.
Nous retrouverons en effet, au 5 avril 1693, Bourdaloue parmi les prêtres qui assistèrent la mourante. Quant à l’année scolaire de 1665-1666 les #émotres de Mademoiselle de Montpensier, non seulement sont muets sur Bourdaloue, mais fournissent peu de chose et des dates très vagues sur ses propres séjours à Eu. Elle ne semble point y être venue souvent n1 longtemps : sur la fin de l’année 1665, elle dit n’y avoir séjourné que très peu: « Je quittai la cour, écrit-elle, parce que la saison de prendre les eaux de Forges venait?. » C'était par conséquent l’été sinon l'automne, peut-être à la fin d’août ou en septembre, car c’est à ce dernier mois que font allusion la plupart des lettres où M" de Sévigné parle de ces eaux alors à la mode. Une alerte sur la maladie de la reine-mère interrompit ce traitement à l’époque où l'assemblée du clergé se tenait à Pontoise. Après une courte visite à Saint-Germain, retournée aux eaux, Mademoiselle revint dans son domaine, seulement en passant.