LES VŒUX DE PROFÈS
Voici la formule écrite de la main de Bourdaloue et prononcée par lui le 2 février 1666, quand il fit ses derniers vœux, avec six autres pères et deux frères coadjuteurs ! :
Ego ludovicus Bourdalouë Professionem facio, et Promitto Omnipotenti deo, coram eius Virgine Matre, et universà caelesti curià ac omnibus circumstantibus, et tibi Reuerendo Patri Matthaeo de Flesselles vice Praepositi Generalis Societatis Jesa, el successorum etus locum dei tenenti, perpetuam Paupertatem, Castitatem et Obedientiam, et secundum eam, peculiarem curam circà puerorum erudilionem, juxla formam uiuendi in lilleris Apostolicis Soctetatis Zesu, et in eiusdem Constitutionibus contentam.
Insuper Promitto specialem Obedientiam Summo Pontifici circà missiones, prout in tisdem litteris Apostolicis et Constitutiontbus continelur. Augti secundo Februartii anni 1666 in templo Sancti Ignatit Colleqii Societatis Lesu.
Ludovicus Bourdalouë
soc. Lesu.
Cette pièce est des plus intéressantes, comme spécimen de lécriture de Bourdaloue, peu après sa trentième année. On y voit combien inconstante est sa manière d'écrire. Dans la même page, il ouvre son prénom, tantôt par une minuscule, tantôt par une majuscule dont les formes varient d’une signature à l’autre. Cet acte, tout entier de la main du jésuite, a aussi cet avantage de nous présenter deux types distincts de son écriture, l’un à main posée, c’est la formule citée plus haut, l’autre rapide et d’une plume courante, comme dans les formules annexes. On y remarque déjà, ce qui se retrouve dans les lettres autographes, l'habitude de commencer le mot en lettres plus grosses et mieux formées pour le terminer en caractères plus fins et moins distincts. Peut-être la graphologie aurait-elle à s'exercer sur ces pages, qui en
1. D'après le Catalogue annuel de 1666, exeunte anno. (Communication du P. Chérot.)