‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 147 sur 367 · LES QUATRE ANS DE DOMINICALES · texte numérisé non relu

LES QUATRE ANS DE DOMINICALES

à l’époque où nous arrivons, un stage dont la durée concorde trop bien avec les données du biographe pour qu'il soit besoin de chercher ailleurs «les Dominicales. » De cette hypothèse que je donne néanmoins pour ce qu’elle est, Je ne conclus nullement que les sermons compris dans les trois volumes des Dimanches, soient tous des discours antérieurs à l’arrivée à Paris. Bien plus, nous pouvons fort bien lire aujourd’hui dans les volumes du Caréme ou de l'Avent des sermons préchés originairement à Rouen ou ailleurs. Toutefois à l’heure où Bourdaloue était appelé à la Maison professe, il ne devait pas être dépourvu d’un sérieux acquis de discours déjà essayés !. Son travail et son rôle, dans une vie sans doute moins distraite et morcelée qu’elle ne le deviendra à Paris, avait été de préparer les matériaux de cette prédication nourrie et solide qu'il va désormais continuer sans interruption. Un nombre assez considérable des sermons devait exister déjà lorsque le « prédicateur », destiné à « S’essayer » dans léglise de la Maison professe de la rue Saint-Antoine, arrivait à Paris. C'était, nous dit la notice de Moreri, «pour y fournir la carrière ordinaire de toute une année dans leur église de Saint-Louis » que ses supérieurs

1. Peut-être Bretonneau Suppose-t-il trop gratuitement que les exhortations de Bourdaloue sur la Passion sont toutes antérieures à l'arrivée à Patis, parce qu'apparemment ces méditations n'ont point dù être faites d'ordinaire par lui, mème quand il donnait la station à la Maison professe. C'est ainsi que la Liste des Prédicateurs pour le carême de 1665 indique comme stationnaire « à S. Louis. aux Iesuites ruë S. Anthoine, Le R P. Roatin, lesuite : Au mesme lieu, le R. P. Giroust fera les Méditations, les Mercredis et Vendredis à quatre heures de relevée. » — Ilest difficile, cependant, que durant ces trente-quatre années, il n’en ait pas donné qielques-unes, reprenant tout au moins celles qu'il avait composées autrefois. J'en ai d'ailleurs rencontré une cn manuscrit dans le recueil Joursanvault, qui répond à la première des imprimées, sur la Prière au Jardin des Olives, traitant le sujet de la résignation. Bien qu’à la rigueur le manuscrit puisse avoir été fait en province — il n’en aurait que plus de prix, se rapportant à une époque moins connue —, il est plus probable qu'il reflèle une exhortation entendue à Paris. En tout cas, comme ces sortes de copies appliquées à des sermons plus intimes sont rares et inté-

ressantes, je l’ai publiée avec les Sermons inédits, extraits du ms. Phelipeaux. V, pp. 308-327,

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