‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 151 sur 367 · LE PRÉTENDU SERMON RÉVÉLATEUR · texte numérisé non relu

LE PRÉTENDU SERMON RÉVÉLATEUR

prêcher illustre enfant de Bourges dans l’église de l'Abbaye royale de Saint-Laurent, s'empressa de lui adresser ses félicitations sur le sermon qu'il venait d'entendre et le retint à dîner pour le lendemain, La tradition ajoute qu'il ne fallut pas moins que cette dernière circonstance pour persuader Madame Bourdaloue du mérite de son fils. Tout ceci, n’est, je le répète, qu'une tradition, mais toute tradition qui peint les mœurs d'une époque doit être précieusement recueillie 1,

Il paraît difficile de remonter plus haut que le témoin qui a recueilli l’écho de cette tradition, mais n’a pas indiqué sa source. Ce récit, sans autre signature que l’impersonnelle formule Jama refert, semble d’abord offrir un élément précis, le nom de Mgr de Montpezat. Ce nom fournirait au moins deux dates extrêmes : il oblige d'adopter pour point de départ initial linstallation à Bourges de Mgr Jean de Montpezat de Carbon, qui, nommé le 28 octobre 1664, de Saint-Papoul où il était évêque, ne siégea en son archevêché que depuis le 12 mai 1666 ?. Ne porte-t-il pas aussi à croire que le père de l’orateur était déjà mort à cette époque ?

Voici en outre une note manuscrite de Rochebilière, rapportant un mot du P. Cahier, S. J., et qui se lit sur l'exemplaire annoté de la Notice écrite par Chevalier. On peut supposer que le P. Cahier recueillit ce propos à Bourges, durant le séjour qu’il y fit pour son grand travail sur {es Vitraux de la Cathédrale :

On ajoute, disait-il, que le grand sujet de doute pour M Bourdaloue sur le mérite des sermons de son fils, était surtout qu'elle n’y voyoit rien qu'elle ne comprit tout d'abord, et partant rien que de très ordinaire.

Mais ce sentiment ne s’explique-t-il pas plus encore, si le prédicateur ayant déjà reçu cette espèce de lettres de

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