‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 152 sur 367 · DATE FLOTTANTE DU SERMON DE BOURGES · texte numérisé non relu

DATE FLOTTANTE DU SERMON DE BOURGES

noblesse qu’un succès à Paris donnait, surtout alors, la trop craintive ou défiante mère se demandait si l’admiration générale ne s’égarait pas, puisque, elle, après avoir entendu prêcher ce fil que peut-être la Se et en tout cas plusieurs villes trouvaient si éloquents, elle avait saisi sans difficulté tout son discours. I} me semble qu'il faudrait tenir un certain compte de cette mention unique faite de « Madame Bourdaloue », dans la tradition signalée par la notice de 1842, et que la conclusion à en déduire serait de placer le sermon entre la date du décès d’Etienne Bourdaloue (28 octobre 1669) et le départ de l'archevêque !.

La nomination de Mgr de Montpezat au siège de Toulouse, puis de Sens (mai 1674) doit avoir précédé de peu le départ. D'ailleurs 1l ne faut pas éloigner trop des débuts de Bourdaloue à Paris ce sermon, que d’autres avaient déjà assigné aux premières années de la prédication. L’étonnement et l’incrédulité de la mère de l’orateur, dont triomphe seule Pinvitation de l’archevêque, cesseraient d’être aussi naturels après un succès de plusieurs années et des prédications à la cour. La date qui semble offrir le plus de vraisemblance serait donc l’année 1670. Peut-être Bourdaloue, peu de temps après la mort de son père et au sortir de ce premier avent de 1669, qui fut un succès, put-=il faire alors un voyage à sa ville natale, à l’occasion duquel l'archevêque Paurait entendu au monastère de

1. Un livre qui parait avoir suivi sur ce point les données fournies par Chevalier Saint-Amand, l'excellente monographie intitulée Histoire d'un monastère, les bénédiclines de Saint-Laurent de Bourges (ouvrage précédé d'une introduction par le R. P. Dom J. Rabory, bénédictin. Bourges, 189?, in-8), suppose que l'autre date extrème ne peut être que 1669, celle du départ pour Paris. On y lit, p. 267: « C'est en 1669 que Bourdaloue quitia sa ville natale pour Paris. » Outre cette erreur sur le lieu d'où partait Bourdaloue, remarquons qu'il a pu venir à Bourges, après le 28 octobre de cette même année, date de la mort d'Étienne Bourdaloue. Si on supposait le sermon prononcé du vivant de celui-ci, il faudrait l'éloigner le plus possible de 1669, car on ne s'expliquerait guère le voyage entrepris par Etienne, ou du moins projeté et arrêté par sa mort, pour aller entendre son fils à Paris, s'il venait d'assister peu de temps auparavant à ses sermons,.

Page 1