LES ÉPIGRAMMES DU P, DE FOURCROY
par conséquent au 15 mai 1639 (son litre même donne donc une date), et elle reproche à lorateur de ne point vouloir prêcher dans sa patrie autrement que d'exemple. Voici cette épigramme dont le trait final est d’un mécontent et qui nous prouve que Bourdaloue, peu jaloux de se prodiguer en ses temps de relâche, ne se prêlait guère, dans ses séjours à Bourges, à la curiosité de ses compatriotes avides de l’entendre :
Bürpazaso REGio CoxcioNaToRi !
cum nollet in patria concionari.
Rex oratorum, Reyisque orator in aede, Magnus honos patriae, spesque salusque tuae, Hic fac in patria quod grande Lutetia signum S'uspicit, exemplis adyice verbe tuis.
Vidimus, audisse est ; aliis non indiga verbis, Acla suasurae pondera vocis habent.
Haec oraloris pars prima est actio, mutus
Re quoque signart saepe propheta solet.
UE sileas, magnum juvat exclamare prophetam În patria ; vitae verba per acta doces.
Hoc etiam Bilurix, quod magna Lutetia dicet : Nunquam sic eqil, sicque loculus homo est.
Il est malaisé dans une traduction, en vers surtout, de rendre l'impression exacte de celte épigramme; nous l’essayons toutefois dans lespoir que les conclusions historiques n’en seront pas infirmées :
Au P. Bourparoue, PRÉDICATEUR pu Rot qui refusail de prêcher dans son pays natal.
O roi des orateurs, orateur de nos rois, L’honneur de ta patrie, et l'espoir, et l’oracle, Daigne faire chez nous cet étonnant miracle Que voit Paris : ajoute aux exemples ta voix.
1. Épigramme 1015. Les numéros se poursuivent à fravers les quatre volumes.