‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 159 sur 367 · LE SERMON DE BOURGES · texte numérisé non relu

LE SERMON DE BOURGES

que nous venons de traduire. Elle restera sans doute un problème insoluble et un véritable logogriphe tant qu’on ne saura point quel pouvait être cet auditeur insolite, auquel fait allusion, en un style indéchiffrable, Pépigramme 3872, que voici :

MiranrTiBus

Quasi prodigium

ejusdem oratoris auditorem novum.

Prodiqium orator simul auditorque, sed unus Illic auditor, cur ila prodiqium ?

Talis ubi auditor, talisque corona, duplex hoc Prodiqium majus, prodiqgiumque minus.

Nous serons heureux si de patientes recherches meltent à même quelque Jour de comprendre, et par suite de traduire d’une manière satisfaisante, ces quatre vers qui eurent sans doute un sens pour ceux qui furent alors au fait d’une allusion qui nous échappe f.

Heureusement nous avons mieux que des énigmes dans les trois épigrammes relatives au sermon. Il est permis d’en dégager deux faits certains et plusieurs conclusions hypothétiques, mais probables.

Le premier point sûrement acquis, c'est que Bourdaloue, après s'être longtemps fait attendre, prêcha à Bourges un sermon sur le texte Qui reliquerit omnia centaplum

1. Lorsqu'on sait à quel point les plus minimes incidents défrayaient la verve de ces disciples d'Apollon, on se pourrait demander si le vol d'un oiseau ou si l'entrée d'un chien dans la chapelle où préchait Bourdaloue, n'expliquerait point, par une conjecture très hasardée, ce double distique où l'on voit mis en opposition l'auditeur et l'orateur. L'un et l’autre sont présentés tout d'abord comme « un prodige ». Mais pourquoi, dans notre hypothèse, demande le poète, seul ici l'auditeur accapare-t-il l'étonnement ? C'est que (nous supposons qu’an chien, s'étant glissé dans la foule, a causé quelque incident) devant un tel orateur, et dans une telle assemblée, cette double opposition en contraste est présentée comme à la lois plus étrange, à cause du grand nom de l’orateur, et plus explicable, par suite de la foule, et peut-être de la cohue qui s’est empressée pour l'entendre. Cette explication est à coup sûr des plus problématiques, et demande à n'être prise que comme telle.

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