‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 162 sur 367 · L. Valentinus Cocurnez · texte numérisé non relu

L. Valentinus Cocurnez

Sigillum ... etc.

Ces deux attestations nous font connaître une particularité assez minime si l'on veut, mais qui mérite d'être signalée aux biographes du P. Bourdaloue, parce que tout a son intérêt dans la vie des hommes extraordinaires.

Bourdaloue était en seconde en 1644, d’après le premier livre de prix, et l'on voit, d’après le second qu'il était en rhétorique en 1646. Il faut donc ou qu'il ait interrompu ses classes par motif de santé, ou qu'il ait fait deux ans, soit de seconde, soit de rhétorique. C’est cette dernière supposition qui est la plus probable, et c'est sans doute la rhétorique que Bourdaloue aura redoublée... »

Cette dernière phrase est du pur domaine de la conjecture, car au fond nous ne savons rien de la raison qui occasiinna cet arrêt dans le cycle des études de Bourdaloue, et l'on doit dire que les diverses hypothèses émises par M. de Barral étant également probables, il n'y a aucun motif de supposer que la grande jeunesse de Bourdaloue, — l’âge normal alors après tout, — au sortir de sa classe d'humanités, aurait amené les Pères à demander qu'il redoublàt cette classe. Il faudrait pour savoir qu'il n'y a pas eu interruption, trouver quelque prix relatif à l’année 1645. C'est en tout cas trop s'avancer que de dire que «les jésuites... jugèrent qu'il était utile de fortifier leur élève par une seconde année d’étude. » A plus forte raison est-il gratuit de dire que peut-être ils « devinaient déjà un orateur dans le jeune rhétoricien. » (Ibid., p. 158.)

Reconnaissons plutôt que nous n'avons pas les éléments nécessaires pour expliquer ce fait certain d’une rhétorique faite par Bourdaloue, deux ans après ses humanités, el que nous ne savons quel fut l'emploi de l'année scolaire 1614-1645.

Après avoir rappelé le blason des Bourdaloue, M. l'abbé Barral ajoutait:

Bourdaloue fut bien un lion intrépide en face des rois, indomptable et invincible en face

des erreurs et des vices de son temps... Et quel soleil dans cette pléiade de soleils du di -septième siècle! Et quelles lumières éclairèrent cette âme pure comme l'azur

céleste !... Et de quelles splendeurs surtout ne fit-il pas briller la vérité... De quelles clartés n'illumina-t-il pas les inteliigences !.... (Ibid., p. 156.) e. — (P. 22%, note 1}. La modestie, dans l'espèce, est d'autant plus

suspecte que nous apprenons cette particularité par une relation du Mercure qalant. Voici en effet ce qu'on lit au mois d'octobre 1693 :

« La ville de Riom en Auvergne à perdu un grand homme de bien dans la personne du sieur Amable Faydit, surnommé l’Avocat des pauvres qui mourut le 5. de ce mois, dans sa quatre-vingt & unième année, regreté universellement de toute la Province, pour sa sagesse, sa charité, sa capacité & son expérience dans les affaires, surtout par son extrême modestie qui lui fit refuser en 1636, des Lettres d'ennoblissement que le fameux Père Sirmond, Jésuite, son Oncle, confesseur du feu Roy, luy avoit procurées. Il dit qu’il n'estoit pas meilleur que ses Ancestress que tous de

{emps immémorial, s'estoient contentez de la simple qualité d'A vocat, & avoient borné successivement l'un après l'autre toute leur ambition à s'acquiter avec honneur & probité de cette profession ”. »

Mon intention n’est pas de jeter le soupçon sur la sincérité du refus opposé à la faveur royale par Amable Faydit. Il faut l'avouer du moins, les héritiers, neveux ou concitoyens, qui le notifièrent à toute la France par la voie du Mercure auraient mérité, s’ils s'étaient avisés de se targuer de cet exemple pour regarder de haut les Bourdaloue du Berry, de s'entendre répondre comme Diogène se vantant de fouler aux pieds le faste de Platon et de souiller de la boue de ses sandales les tapis ou les meubles du philosophe : Calcas quidem, sed et alio fastu. Car ce n'est pas fortuitement sans doute que, l’année suivante, le Mercure de juillet revenait sur cette particularité de la succession ininterrompue des avocats «non anoblis » de la ville de Riom. La feuille officieuse annonce la mort de Jean Faydit, frère d’'Amable, arrivée vers le milieu de l’année 1694 :

« .... Seigneur de Grandville, Conseiller du Roy en la Sénéchaussée d'Auvergne et siège présidial de Riom, mort à l'âge de quatre-vingt-trois ans, qui avoit bien mérité des « Lettres et de la Science ecclésiastique » en servauüt de compagnon de voyage, de lecteur, de copiste et de secrétaire à son oncle, le savant Père Jacques Sirmond **. »

f. — (P. 228). Dans son Panégyrique de sainle Madeleine, l'orateur moutre d'abord la pécheresse possédée par sept démons : «Elle en avoit un dans ses yeux dont elle brülait le coeur de ceux qui l'approchoient, et qui ne sortaient jamais de sa présence sans en rapporter une plaie dont les atteintes étaient mortelles. Un autre était caché dans ses cheveux qui lui servaient d'instruments et de piège pour y suspendre ceux qui se laissaient éblouir à leur vue. Cette bouche, dont les paroles étaient autant d'oracles, et qui prononçaient à ses adorateurs des arrêts de mort et de vie, n'était que l'organe d'un autre démon qui donnait le branle et le mouvement à ses lèvres...» Bayle, 1. c., p. 75... Et plus loin : « Toutes les larmes qu'elle verse sont autant de preuves de son amour, mais la manière en est sans exemple. A-t-on jamais vu pleurer sur des pieds ? Je ne crois pas que depuis que le soleil éclaire la terre et les mers, on ait jamais vu personne qui füt capable de cet amour et de ce transport... Mais a-t-on jamais vu dans l'histoire profane qu'on ait jamais employé des cheveux pour essuyer des pieds ? Madeleine, vous pouviez prendre votre mouchoir ou les pans de votre robe, où du moins trouver dans ce banquet quelque linge pour cet usage ..» Ceci se passe de commentaire (1. c., p. 16.).

8g.— (P. 231, note 1). Le P. Lauras avait déjà relevé cette erreur de Nisard (L, p. 20, note 1}, mais il semble choqué surtout de l'écart des chiffres : «Bourdaloue, dit-il, n’a enseigné les lettres el les sciences que pendant huit ans.» La rectification est très insuflisante; car entendue au sens qu'ont aujourd'hui les mots, 1l n'est pas exact que Bourdaloue ait enseigné les sciences, pas même une année, et il était besoin de protester plus vivement sur la théorie très gratuite que suppose le contexte de Nisard: «Sa méthode, écrit-il, était un art fout nouveau dans le sermon : chaque proposition a un nombre proportionné de preuves. Bourdaloue s'était formé à cette méthode en enseignant les sciences pendant dix-huit ans. De ses exercices de professeur, il avait retenu, outre les formules de la démonstration, l'habitude de donner aux idées une valeur absolue.» On peut dire, la vérité ayant plus de droits que l'autorité de Nisard, qu'il est malaisé

* Octobre, r, pp. 193-195, ” Mercure galant, juillet 1694, pp. 165-168.

d'accumuler plus d'erreurs en moins de mots. Omettons la finale, qui n'est pas limpide, car on ne voit pas comment Bourdaloue a sur les autres le privilège de donner aux idées une valeur absolue. Si ces mots veulent dire que Bourdaloue réalise des abstractions et prend pour des réalités de simples concepts ou des formes de la logique, c'est une gratuite injure, et tel ne peut être le sens de l'auteur. Si cela signifie que l’orateur donne la première place au raisonnement et use des définitions, déductions ou autres procédés didactiques avec une pleine confiance en la solidité de cette méthode, en quoi cette façon de concevoir les choses lui est-elle propre et comment se distingue-tl des orateurs de la chaire ses contemporains ? C'est là en effet la grave erreur de l'historien de la littérature, de représenter Bourdaloue comme créateur d'une méthode. Sur cette donnée à nriori il construit son système, transformant la manière de Bourdaloue qui est celle de tout le n onde à son époque, en une espèce de tournure d'esprit spéciale, résultat d'un long enseignement de la géométrie, et qui, faisant école, introduit dans la chaire chrétienne « un art tout nouveau », t. IV, p. 279. De là cette description: « Rien d'avancé qui ne dut être prouvé, point de termes sans definition : des repos ménagés avec un art admirable, l’uniformité qui enchaîne l'attention préférée à la variété qui la disperse; nul scrupule de se répéter pour être plus clair.» Mais s'il est vrai que cette peinture réponde bien à la méthode de Bourdaloue, il suflirait d'avoir lu quelques sermons des contemporains obscurs qu'il a rejetés dans l'oubli, mais qui avaient « fleuri » avant lui, pour s’apercevoir qu'il na créé ni les formules de la démonstration, où l'on trouve des preuves et des traces de son professorat, ni la langue oratoire de son temps quil na fait que s'adapter. On peut mettre au défi les plus sûrs connaisseurs de distinguer, à la lecture, un sermon de Kromentières, de Giroust ou de La Rue, sur certains sujets, d'un sermon de Bourdaloue. C'est une preuve de plus que les plus belles généralisations ne dispensent pas de l’observation patiente des faits, ct peuvent même égarer bien loin du droit chemin. É

h.— (P.236, note 1). [1 faut citer aussi Madame de Pringy : mais sa notice, antérieure à celle de Bretonneau n’est une source distincte, qu’autant que celui-ci n'y a point puisé les détails qu'il donne: «Ses supérieurs... l'envoyèrent à la ville d'Eu où feue Mademoiselle qui étoit d’un esprit si pénétrant et si délicat, connut tout son mérite. Ensuite il alla à Amiens, à Rennes... (Lauras, II, p. 180.) De la même source, il faut tirer aussi le passage qui concerne l'éducation de Louvois : « Le jeune P. Bourdaloue, très éclairé et très convaincu, fut employé de bonne heure au ministère de l'instruction. On l'occupa pendant plusieurs années à répandre ses lumières sur cette illustre jeunesse qui vient chercher une éducation chrétienne. par les soins de la société. On lui confia l'éducation de feu M. de Louvois; il s'en acquitta si dignement et si prudemment qu'il y aurait eu de l'imprudence de l'en ôter si le merveilleux de ses talents n'avait obligé de le mettre dans les fonctions de l’apostolat...» Lauras, IT, p. 579.

i.—(P.248). Pour montrer à quel point les anecdotes ontbesoin de contrôle, même quand elles paraissent venir de première main, j'emprunte à la Vire de Lacordaire, par Foisset, un exemple qui me semble topique. Dans son discours à l’Académie française pour la réception de l'illustre dominicain, Guizot prète à Berryer une parole qu'il croyait probablement très authentique, la tenant de l'auteur lui-même : « Faites-vous prêtre, fait-il dire par Berryer à Lacordaire, et vous deviendrez un éminent orateur de la chaire. » Le biographe, mieux informé et usant d'une sérieuse critique,

rétablit les faits: «Un jour, dit-il, que Lacordaire avait eu la bonne fortune de plaider devant M. Berryer, le g and avocat en fut si frappé qu'il l’invita sur le champ à venir le voir le lendemain, causa avec lui pendant une heure et lui dit: « Vous pouvez vous placer au premier rang du barreau, mais vous avez de grands écueils à éviter, entre autres l'abus de votre facilité pour la parole. » (Lettre à M. Lorain, 23 février 1824). Avant d'entrer au séminaire, Lacordaire (il me l'a aflirmé) n’a eu avec M. Berryer que cet unique entretien dont j'ai la date très précise, 8 février 1821. On vient de voir en quels termes l'entretien en question était résumé quinze jours après, par Lacordaire lui-même. Trente-sept ans plus tard le fait s était transformé dans la mémoire de M. Berryer. L'illustre orateur croyait avoir dès lors prédit les conferences de Notre- Dame. (D'où la parole citée dans le discours de M. Guizot).. « J'atteste que le lendemain même, le 25 janvier 1861, le Père ma donué l'assurance la plus formelle que M. Berryer ne lui a dit ni de près ni de loin, rien de sembluble, » (Foisset, I, p. 54.)

Quand on sait d'ailleurs avec quelle difficulté on arrive, fort peu de temps après l'evénement, à reconstituer une scèue à l'aide des témoi-. gnages des assi tants eux-mêmes, on conçoit qu'il faille à plus forte raison, user avec la plus grande circonspection des ana culportés avec des garanties bien inoins serieuses. Je ne ferai usage que Île moins possible de cette littérature des on-dit, et moins pour constater une parole vraiment dite, appuyer un fait ou déduire une date, que pour témoigner d'un état d'esprit et d'opinion. Comme la plupart des mots historiques, créés et façonnés tout au moins après coup, les anecdotes courantes, résument une situation. Il faut prendre garde de les prendre Pour des récits authentiques d'événements.

j.— (P.958, note 2). Sur le Panégyrique de saint François de Sales, daté et parsuite plusintéressant, bien que la crainte de remaniements postérieurs ne soit pas complètement absente, il y aurait bon nombre de remarques à faire. Ainsi sur la paraphrase qui forme le debut, sorte de commentaire des quatre premiers versets du ch. xLv de l'Ecclésiaste, commentaire appliqué de Moïse au héros à célébrer ; sur la préoccupation pratique qui éciate dès le début de cet éloge : « Son éloge doit être notre édification et tout ensemble notre confusion... C'est ici un saint de nos jours et par là même plus propre à faire impression sur nos coeurs, un saint dont les exemples encore récents ont je ne sais quoi de vif qui nous anime et qui nous touche. Il ne s’agit donc pas de lui rendre un simple culte, il s'agit de nous former sur lui...» A noter encore, p. 267, la page sur Genève et Calvin : «La France avoit eu au moins le bonheur de pousser ce poison hors de son sein, après l'avoir malheureusement conçu, Dieu ne voulant pas que ce royaume très chrétien fust le siège et le rempart de l'erreur.» À maintes reprises dans ses sermons l'orateur reviendra à cet ennèmi domeslique, qui du reste, de son vivant, rendait avec usure son aversion à l’adversaire-né de son entreprise. Bourdaloue se retrouverait tout entier dans ce sermon, pourvu qu'on ait le loisir de s'arrêter aux expres- Siens et aux tours qui le font reconnaitre. On y voit, p. 268, un des nombreux traits par lesquels il diffère de Bossuet et lui est inférieur, dans l'emploi de l'Ecriture. Plus souvent et plus loin que lui, il use des sens accommodatices, parfois jusqu'à l’ingéniosité. Est-ce effet de premrière éducation, mais plus prolongée; car si elle fut la même aux Godrans de Dijon pour Jacques-Benigne qu’à Sainte-Marie de Bourges pour le jeune Louis, celui-ci n'échappa guère au culte des énigmes, devises et allégories que les études classiques qu'il fut chargé d'enseigner

aux élèves dès la sortie de son noviciat, contribuaient à entretenir. Est-ce milieu ou influence des auteurs consultés, nul ne le sait; mais certainement Bossuet n'aurait pas aisément appliqué à saint François de Sales appelé à conquérir le Chablais par sa douceur le texte d'Isaïe, messianique s'il en fût : emnille agnum Dominatorem terrae (p. 268) Cf. pp. ?87 et 295. Vidi et ecce Aynus,... où cependant la comparaison est atténuée. — Il serait injuste de dire que le point de vue de l'édification et du sermon a laissé ignorer l'histoire du saint à l'orateur. Son sermon toutefois, bien que nourri de faits, laisse voir des confusions quon ne peut pas jusuüfier toutes par la licence oratoire. Celle-ci peut expliquer la phrase : « A peine eut-il prèché dans Thonon que plus de six cents personnes ouvrirent les yeux.» Pourtant la thèse n'eùt été que mieux prouvée si l'on eùt vu la « longue patience » qui fut le génie même de la douceur deployée dans cette pénibe et douloureuse mission. La rapidité oratoire la montre trop comme une conquête enlevée en une heure. — Reconnaissons donc le loyal appel aux témoins de ces faits récents qu'offre la p. 272, ainsi que la belle peinture des rapports de Henri IV avec saiut François, mais notons qu'il y à bien quelque erreur d'histoire sur la rentrée en Savoie, après l'ambassade vers Henri IV, car ce ne fut point en ce moment que Dijon fut évangélisé. Bourdaloue n'avait guère souci que de l'application pratique où il excelle, et d ailleurs il s'était couvert de cette habile précaution : « Dispensez-moi, chrétiens, de vous dire en détail tous les avantages qu'eut ce saint prélat et qu'il remporta sur l'hérésie. Ce qui n’a pas épuisé sa charité lasseroit peut-être votre patience (p. 271).

Plus dune expression est à relever : ainsi, p. 271: « Parce que ce bienheureux prélat est attaché aussi fortement à Genève qu'une intelligence à l’astre qu'elle rernue, » indique que Bourdaloue admet la thèse qui suppose les mouvements et révolutions des astres régis par des anges commis à ce soin. — Noter aussi l'emploi du mot vande à son sens reçu alors d’aliment ou nourriture en général. (P. 288.) « Sa doctrine est une viande non de la terre mais du ciel, qui de la même substance, nourrit, aussi bien que la manne, toute sorte de personnes. »

k. — (P. 272, note 1 et 27), note 1). Si elle n'avait point le tort irès grave d'être gratuiteet en pleine région de pure hypothèse, il serait permis de tenter cette supposition, sans se laisser ébranler par l'application qu'a eru devoir faire le P. Lauras de l'éloge de saint Benoit au couvent de Villel’Evêque de Paris{; car son identification, qui n'estrien moins que prouvée, part de cette idée préconçue qu'il fallait chercher à Paris la maison à laquelle se devait appliquer la note de Bretonneau qui précède l'œuvre publiée par lui à la fin de son édition : «On a cru, disait Bretonneau, ne devoir pas omettre ici l'essai d'un panégyrique de saint Benoît que le P. Bourdaloue avoit tracé pour une célèbre communauté de religieuses Bénédictines. » Il est bien fâcheux que l'éditeur qui, surement savait d'ou lui venait cel éloge de saint Benoît placé hors de son rang, sans doute pour n'avoir eté envoyé que très tard, soit demeuré dans ce vague. Mais aucun des arguments du P. Lauras n'autorise à l'appliquer à la communauté de Paris qu'il désigne. Il.est mème plus aisé de s'expliquer, s’il s’agit d'un monastère éloigné et d'une œuvre de jeunesse de l’orateur, comment cette pièce est parvenue trop tard pour être jointe aux autres panégy-

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riques. Il n’est rien que de vraisemblable dans l'hypothèse d’un sermon de fête patronale prononcé par Bourdaloue devant l'archevêque, et la présence de Mgr de Montpezat au monastère de Saint-Laurent est dans ce cas très facile à expliquer. Le choix de Bourdaloue n'a rien d’étrange : nous avons dejà rencontré dans sa parenté des motifs pour lui d’être le bienvenu dans cette abbaye de Saint-Laurent où Marie Bourdaloue, une de ses tantes, morte en 1640, le 7 juillet, dans le prieuré de Sainte-Marie de Civray, en Poitou, avait été religieuse{. La famille de sa mère n'était point non plus inconnue des religieuses. C'était l'avocat Claude Le Large, peut-être le frère de Louis, aïeul maternel et parrain de Bourdaloue, qui avait complimenté, en 1648, Madame Angélique du Toc, lors de sa prise - de possession du siège abbatial?. Apparemment Anne Hodeau, née en 1634, cousine germaine de Bourdaloue, était èncore au monastère 3.1 n'y à donc rien que de vraisemblable dans cette application hypothétique de l’éloge de saint Benvit au sermon qu’on nous dit avoir été pré ‘hé à Bourges par notre orateur dans l’église du monastère. Bien plus, à prendre en détail les premières années du sejour à Paris, les plus compatibles avec 1 hypothèse du sermon devant l'archevêque Montpezat, il n'existe aucune impossibilité radicale. Ainsi, en 1670, on pourrait se hasarder à la rigueur à placer ce sermon à son jour liturgique du 21 mars, dans la quatrième semaine du Carème Cette année-là en effet Bourialoue ne donne que les Dimanches du Carême de la maison professe. Avouous toutefois que, si ce n’est pas matériellement impossible, il est cependant peu vraisemblable de mettre au vendredi 2{, le sermon, puis au lendemain le diner à l'archevèché, qui serait ainsi le samedi, veille des Rameaux. c'est-à-dire de la prédication de Bourdaloue à la Maison professe de Paris. Malgré le Carême donné à Notre-Dame en 1671, un voyage à Bourg:s serait au contraire possib'e le samedi 2[ mars. puisque, d'après le document nouveau de cette même date, nous verrons Bourdaloue remplacé pour la prédication du lendemain 22, du lundi 23 et du mardi 24 par le P. Jobert. La raison encore ignorée de ce fait récemment connu, serait-elle un voyage de l’orateur à Bourges ? C'est possible, mais peu probable, à nous en tenir aux documents qui font placer à une autre date liturgique « le s:rmon de Bourges » qu'il faut dès lors renoncer à identifier avec le Panéqyr"ique de saint Benoit. Si spécieuse et séduisante qu’elle puisse sembler, une hypothèse doit céder devant le fait le plus minime. Nous. avons donc conclu pour le « sermon de Bourges » une date postérieure à la nomination de Bourdaloue comme prédicateur royal (1679), et par suite au départ de Mer de Carbon.

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