SERMONS DE L'AVENT
lui-même » n'aurait pas mieux dit : « J'étais tout ébaubie d'entendre le P. Desmares avec une robe de jésuite, »
Elle devançait en 1683 le vers élogieux de Boileau dans sa x° satire :
Desmares dans Saint-Roch, n’auroit pas mieux prèché.
Mais le jour où elle trouva si plaisant le tour joué au pauvre myope, elle oubliait de plaindre ses amis. Elle n'y met d’ailleurs aucune méchanceté, et nous révèle une fois de plus par ce trait ce qu'était trop souvent la tenue et le respect dans les églises de ce siècle dont on vante à l’excès la correction,
On ne peut guère espérer identifier dans l’œuvre imprimée de Bourdaloue un sermon quelconque relatif à cette première année du séjour à Paris. Outre l’avent (Bourdaloue d’après la teneur de la Liste, n’a dû prêcher que les dimanches), le P. Lauras indique dans sa Table chronologique l’octave des morts. J’ignore sur quel texte il se fonde. Celui des Lettres annuelles ne permet point de tant conclure :
Vers la fin de l’année 1669, y lit-on, le P. Bourdaloue, après deu ou trois discours prononcés aux calendes de novembre, attira autour de la chaire un si grand nombre d'Evêques, de Seigneurs et de hauts dignitaires, que nos Pères eux-mêmes ne purent trouver place dans l’église ni dans les tribunes.
Cette affluence dès les premiers sermons atteste le rapide succès. D’après le texte, il suffit d'admettre que Bourdaloue, après le sermon du vendredi 1 novembre, fête de la Toussaint, a prêché aussi celui du lendemain samedi 2 novembre, «pour le jour des morts?.» Suppo-
1. V. plus bas, au carème de 1679, d'autres traits sur le manque de « tenue » dans les églises.
9. V. les Phases du sermon de Bourdaloue pour le jour des Morts, Revue de Lille, juin 1909, et Sueur-Charruey, 31 pp. in-8, p. 4. Le sermon y est publié d'après le ms. de Grenoble, avec de larges citations de la rédaction Phelipeaux, certainement dépendante d'une prédication diflérente, les deux sermons remontant toutefois à une époque ancienne
sons même, très gratuitement, qu'il a encore donné le sermon du dimanche 3. C'était assez sans doute pour « lancer » le succès de cette courte station. Elle ne dut se composer que des quatre dimanches de PAvent, 4, 8, 15 et 22 décembre !, du sermon de la Nativité, 25 décembre 1669 et du sermon sur le Saint Nom de Jésus, fête de la Circoncision, au 1” janvier 1670 (à moins qu'il n’ait élé réservé, honoris causa et selon l’usage?, à quelque prédicateur étranger); peut-être enfin du sermon du lundi 6 janvier 1670, fête de l’Epiphanie, qui fermait la station d’avent. Ce sont là des dates conjecturales.
Au risque de n’apporter que des points d'interrogation, Je signale ici une allusion à un des rares avents prêchés à Paris(ceux de la cour ne semblant pas en cause), antérieurs à l’année 1687. Il peut être question de l’avent de 1669, de celui de Saint-Jean-en-Grève en 1671, ou de Saint-Gervais en 1676. Le P. Rapin, destinataire de la lettre sans date analysée 1ct, étant mort le 27 octobre 1687, il n’y a pas à chercher au-delà. M°° de la Sablière, à une époque qu’il est difficile de déterminer, lui écrivait, d'après le catalogue de vente de l’autographe *, qu’elle se proposait de suivre l’avent de notre prédicateur. Voici l'analyse de la pièce, lettre autographe de six pages, signée H. Heslin, sans autre date que «€ mardi soir. »
Elle a le cœur si touché et si pénétré de ses bontés qu'elle n'espère pouvoir jamais lui faire voir ce qu’elle ressent pour tout ce qu'il fait pour elle. Elle a recours a lui au sujet de l’état de ses affaires qui est
l. Il est possible qu'il ait donné aussi quelque prédication à l'occasion d'un exercice qui paraît avoir été en usage dans l'église du Gesu, et que la Liste des Prédicateurs signale en ces termes. (Avent de 1669, p. 8): «En la mesme Eglise, on commencerale seizieme Decembre a quatre heures de relevée, les Saluts qu'on a coûtume de faire pour honorer la celebrité des Sacrées Couches de la sainte Vierge avec l'Exposition et Benediction du tres Saint Sacrement. » Il faut avouer, néanmoins, qu'il n'est pas ici question de prédication.