Voir plus bas au fe janvier
3. Ualalogque de la collection des Lettres aulographes.., du cabinet de feu M. Parison, 25 mars 1856. Paris, Laverdet, in-8, p. 50, n. 372.
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assez mal par suite du retranchement qui lui a été fait par M: de la Sablière de la pension qu'il lui avait faite. Ses amis lui conseillent de demander une pension au roi, qu’elle a les mêmes raisons de l'obtenir que sa belle-sœur et que mille à qui on en a donné depuis. « Sur cela, M. de Richelieu et M. de La Rochefoucauld en ont parlé à M. l'archeuesque qui en a parlé au roy qui a respondu qu'il voiroit M. de Richelieu qui est fort vif sur les affaires qu'il entreprend. » Il en a parlé au confesseur qui dit « qu'il en demanderoit la response et depuis quand on lui en a parlé, il a respondu tres froidement que l’on lui auoit dit que j’estois une personne fort du monde et que je serois mieux dans un couuent Il faut que quelqun mait rendu de mauuais offices aupres de lui et qu’il n’ait point du tout compris lestat ou je suis, car pour voir beaucoup de monde il n’est point vrai. Il est vrai que je vois tres souvent les mesmes gens qui sont tous sages et plus propres à honorer les lieux ou ils vont qu'à les decrver. » Elle lui exprime ensuite longuement ses sentiments à l'égard de la religion et des mœurs. Ce qu’il lui mande sur la religion l’a touchée, elle merite sur cela plus de reproches qu'une autre parce qu'elle connaît mieux le monde, et qu'elle le méprise davantage, elle n’a sur cela que de l'insensibilité, car pour que son esprit soit convaincu qu’elle ne peut pas mieux faire, il ne peut pas l'être davantage... « Les bonnes mœurs que j'ai ne sufisent pas, il faut auoir un motif plus noble que celui de n’auoir pas à se reprocher, il faut que ce soit en veue de Dieu et c’est à quoy je ne songe pas autant que je deurois. J’iray tout l'Auant aux sermons du pere Bourdaloue et je vous rendray compte de l'effet qu'il me fera. Je pourois bien vous faire voir en moy plus de bien que je ne vous en montre si je n’auois par dessus tout en abomination l’hypocrisie, je suis convincue que c’est le plus grand et le plus lâche peché de tous, » ete., etc. .
Il paraît difficile de déterminer une date sur ces indices. Toutefois, à la façon dont il est parlé de M. de la Sablière et de la pension retirée par lui, la lettre doit être antérieure à la mort de celui-ci (1680.) Elle précède aussi sans doute et la retraite de M"° de la Sablière aux Incurables, et la pension que le roi lui assigna en mars 1685, d’après les Mémoires du marquis de Sourches !, invoqués par Walckenaer *.
1. T.1, p. 188. Il en a donné une de deux mille livres à Mm° de la Sablière. 2. Ilisloire de la vie et des ouvrages de La Fontaine, t. 11, p. 45.
En tous cas, parmi les avents prêchés en ville par Bourdaloue, avant la mort de Rapin, rien dans ce qu’on vient de lire ne nous aide à nous déterminer. Deux autres analyses, aussi sans date, publiées plus loin au catalogue, à les supposer gratuitement du même temps, nous laissent aussi incertains. Les trois billets doivent être reportés avant l’époque où M"° de Sévigné décrivait comme un «€ miracle de la grâce » ce qu’elle nomme « la solution de continuité entre La Fare et M" de la Sablière » !. Serait-ce cependant à la perte de La Fare, ou à la mort de M. de la Sablière que ferait allusion le billet analysé au même lieu ?
Il me semble que j’ay bien à vous entretenir, je suis bien aise que le monde croye que je vais estre heureuse parce que je suis bientost à bout de mes affaires et je fais tout ce que je puis pour faire croire que cela est ainsi, mais à vous à qui j'ay toujours dit tout ce que J'avais dans le cœur, je ne m’auiseray point de me deguiser sur l’estat ou je suis, Je ne puis jamais estre heureuse apres la perte que J'ay faite d'une personne que j'aimais tendrement et qui m'aimoit d'une manière à ne devoir point en faire finesse à une personne qui a l'esprit fait comme vous l’avés.
Ce dernier trait ne convient guère à Antoine Rambouillet de la Sablière ; car si sa mort, comme l’a montré Walckenaer, put appuyer encore les pensées de conversion de M" de la Sablière, ce n’est point son affection pour elle qui le tua ?.
Le même biographe de La Fontaine place en 1670 le commencement de la liaison de M" de la Sablière avec La Fare. Ce serait presque une raison pour rapporter à 1669 les trois lettres citées de la collection Parison, si lon ne savait que la « religieuse adoration » quiltée par La Fare, pour le jeu de la bassette, ne devait pas empêcher M" de la Sablière, au temps même de leur liaison, d'écrire au P, Rapin :
Je vous auoue auec ma bonne foy ordinaire que je voudrois bien estre deuote, mais que je ne la suis guere. J'ay une si grande idée
l. Sévigné, t. vr, p. 79, mais surtout p: 227, la lettre du 14 juillet 1680.
?. Walckenaer, 1, c ,p. 44.
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des deuoirs d’une veritable pieté que je n’ay pas la force d'y songer par la quantité de choses qu'il me paroit qu'il faut abandonner, et d’un autre causté, quand on a de bonnes moeurs, comme je puis, je croy, sans orgueil, vous dire mon reurend pere que j'en ay, comme c’est Le principal, cela donne de la paresse sur le reste 1.
Nous ne savons si les trois lettres sont de la même époque, ni st elles ne sont pas interverties, mais d’après la première qui se propose d'essayer l’effet du P. Bourdaloue, afin de ne se plus contenter de l’unique motf de n’auoir rien à se reprocher, l’on doit le plus possible reculer la date de cet avent de Bourdaloue, suivi par M" de la Sablière. Tous ces billets d’ailleurs semblent décrire une situation d'esprit qui ne répond pas à ce que nous imaginons dans la convertie de 1680, presque toujours enfermée aux Incurables, soignant les pauvres et les malades, telle que nous l’a montrée, après M" de Sévigné, Walckenaer, (exécutant par degrés la résolution de consacrer toutes ses pensées à la religion, et de diriger toutes ses affections vers le seul être éternel et immuable?. »
Sans pouvoir rien conclure sûrement, plus volontiers je croirais que la correspondante de Rapin suivit l’un des premiers avents de Bourdaloue, sinon celui de 1669, avant le moment où elle offrait à La Fontaine l’hospitalité qui l’immortalisera, bien antérieurement aux jours où le pauvre « fablier » disait dans sa lettre à M. de Bonrepaux (31 août 1087) :
J'ai vu le temps qu'Iris, (et c'était l’âge d’or
Pour nous autres gens du bas monde)
J'ai vu, dis-je, le temps qu'Iris goûtoit encor
Non cet encens commun dont le Parnasse abonde..., Mais la louange délicate avait auprès d’elle son prix. Elle traite aujourd’hui cet art de bagatelle,
I lendort, et s’il faut parler de bonne foi,
{. Catalogue Parison, p. 51, n. 374.