‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 182 sur 367 · LE SERMON DE LA TOUSSAINT · texte numérisé non relu

LE SERMON DE LA TOUSSAINT

de la Cour, entendirent, dans la mesme Chapelle ‘du Chasteau, la Prédication du Père Bourdaloüe, lésüite, qui eut un applaudissement général : puis les Vespres, chantées par la Musique, & ensüite, celles des Morts 1. É

Disons une fois pour toutes que des essais d’identification des sermons imprimés avec ceux dont nous relevons la trace au jour le jour, sont une œuvre très délicate. Ils appellent toujours une réserve que M. l’abbé Pauthe a fort bien signalée, la possibilité de remaniements et de retouches postérieures. Ainsi les allusions à des évènements historiques même clairement reconnus ne peuvent valoir que pour la phrase qui les renferme, et sont malheureusement compatibles avec d’autres où serait visée une autre époque. Après avoir assigné une date à chacune des clôtures d’avent reconnaissables dans l’édition, le dernier historien de Bourdaloue renonçant à reconnaître le sermon de Noël 1670, qu'il présume perdu, ajoute cette sage réflexion :

A moins que l'on n’admette qu’il pourrait être l’un des trois dont

nous venons de préciser l’époque et auquel Bourdaloue aurait ajouté

postérieurement les allusions propres aux évènements de 1684, etc... ?

C’est en effet fort possible. M. Pauthe n’a-t-il point trop oublié sa propre remarque, au cours des diverses conclusions - chronologiques qu'il a semées dans son histoire, sans les appuyer assez fortement? Pour lui il n’est pas douteux que nous lisons en tête du premier Avent, dans l'édition, le sermon même du 1° novembre 1670. Ce serait donc celui de la Récompense des Saints *.

1. Gazelte, 8 nov. 1670, n. 154, p. 1071. J'ai cité au long le passage, car j'en conclus que l'officiant du soir aux Vêpres, aucun autre prélat n'étant désigné, comme ne manque pas de le faire la Gazelle, dut être encore l'archevêque. Il entendait Bourdaloue qu'il venait de faire inviter (26 mai) par le chapitre de Notre-Dame pour le prochain carème. Mais le sermon des Cendres commencera par une allusion au service récemment célébré pour lui.

9 Pauthe, p. 69.

3. Ibid.p.55: « Dans le premier sermon de l’avent de 1670, Bourdaloue prit pour sujet: la Récompense des Saints...» et p.59: «Ce sermonouvrit l'Avent

Accordons que c’est possible, probable même, rien de plus. Rochebilière dans une annotation minutieuse des sermons de lavent, manuscrite aux marges de son exemplaire de travail, a relevé tous les rapprochements historiques. Il n’en est guère de convaincants. Il remarque, par exemple, dans la péroraison !, la phrase :

Si le bonheur d’un Prince pouvoit: consister dans le nombre des conquestes... Votre Majesté, contente d’elle-mesme, n’auroit plus rien à désirer : elle n’auroit qu'à joüir tranquillement da fruit de ses glorieux travaux.

La remarque qu'il y ajoute est exacte: «Le roi venait de conquérir Franche-Comté, » etc. De là à conclure à la date du sermon, il y a loin encore. Comment dater sûrement les sermons à l’aide d’allusions trop souvent applicables à plusieurs circonstances ? Sans renoncer à discuter les essais d'identification, tentés par les biographes, comme Feugère, Sainte-Beuve, Lauras et plus récemment, M. l'abbé Pauthe, notre but est surtout de grouper dans leur ordre les dates reconnues ou proposées des sermons, et d’y adjoindre les témoignages qui s’y rapportent.

30 novembre, 1 dimanche de l'Avent, à Paris, aux Tuileries. —.Le 30 (novembre), premier Dimanche de l'Avent, le Roy oüit Messe en la Chapelle duPalais des Thuilleries : & la Reyne communia en Eglise des Feüillans, la nape tenüe par la Maréchale de la Mothe & la Comtesse de Béthune 2.

de 1670 .» Aucun doute n'est insinué, alors qu'il faut, pour être exact, dire que nous n'en savons rien, Cet aveu ignorance est, en effet, la condition de toute recherche sérieuse : que gagne-t-on à le fuir ? — C'est aussi un tort de regarder les deux avents imprimés comme un ensemble faisant corps et de parler d'avent de 1670, de 1697, etc., comme on pourrait faire de certaines stations de Bossuet dont la trame a été patiemment et scientifiquement reconstituée par les travaux de Lebarq. V, plus bas, au 14 décembre 1670.

APS Ar,

2. Sans doute Marie de l'Escalopier, qui avait épousé en 1639, Armand

de Charost, créé duc au mois de mars 1672, bien qu'il eût son brevet pour le duché de Béthune depuis le 3 janvier 1661. V. Chérot, Bourdaloue, sa correspondance, p, 13. - :

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