LE. (TRIPOF }) DE BOURDALOUE
L'apresdinée Leurs Majestez, avec lesquelles estoit Monsieur, entendirent dans la mesme Chapelle la docte Prédication du P, Bourdaloüe, lésuite. (Gasette du 6 décembre).
C'est après les deux premiers sermons de cet avent que M" de Sévigné écrivit la lettre du 3 décembre au comte de Grignan, où l’on trouve la phrase si souvent citée, mais rarement comprise, que l'oubli de la langue du temps a fait prendre pour une audace de langage :
Au reste, le P. Bourdaloue prèche divinement bien aux Tuileries.
Nous nous trompions dans la pensée qu’il ne joueroit bien que dans son tripol : il passe infiniment tout ce que nous avons oùi 1.
Pour rassurer ainsi son correspondant, auditeur jadis avec elle des sermons du carême à la Maison professe, — au moins celui du 27 mars précédent, —-sur les craintes qu'ils s'étaient sans doute communiquées de ne le point voir se soutenir, 1} semble que la marquise à dû pouvoir faire la comparaison, et assister à quelqu'un des deux sermons, sinon à l’un et à l’autre. Quant à son expression, elle n’a rien de désobligeant ni qui sente le mépris ou la désinvolture. Mgr Blampignon écrit qu’elle appelle la Maison professe «fort irrévérencieusement son tripot *. » M. l'abbé Pauthe dit : « La marquise aurait dû trouver d’autres termes pour exprimer son admiration, et on regrette de la voir employer des mots si peu dignes d'elle *, » C’est en juger d’après les acceptions d'aujourd'hui et voir là un sens qui est fort loin du vrai, € Tripot » ne signifiait nullement dans sa pensée ce que nous imaginons de nos jours. C'était un lieu pavé et carrelé et entouré de murailles «€ tantôt couvert et tantôt découvert » pour le jeu de la courte paume {. Il est évident que tout l’avantage était, dans ces
fMSévigné; t.uI7; p.120, n°2.
2, Mgr Blampignon, Ælude sur Bourdaloue, p. 7.