LES SUCCÈS DE L'ANNÉE
le premier des avents royaux. Du reste, Bretonneau ne s’élait pas engagé à nous donner deux Avents historiques et ce sont les biographes qui, lui prêtant cette intention, se fourvoient.
Terminons ce chapitre sur la prédication de Bourdaloue à la chapelle du roi en 1670, par un témoignage, que nous croyons inédit, sur la vogue extraordinaire de l’orateur. J'ignore pourquoi le P. Lauras s’est contenté de citer pour Pannée 1669 ! seulement les Lettres annuelles de la Compagnie de Jésus. Elles sont tout aussi intéressantes en 1670. En voici le texte officiel :
Primus est P. Ludov. Bourdaloue qui cum in nostro D.
Ludovict templo, per annt partem maximam, concionatus est,
admirabili concursu, deinde in aulà regis christianissimi, per adventum, dixit tantà eloquentiae divinae vi, maxime ejus quae ad mores corrigendos valet, lam inusitalo plausu eliam Principum, et tam publicà ipsius approbatione regis, ut incredibile el sibi et Societati nomen fecerit, ac sacrae eloquentiae vulgo princeps dictus et habitus fuerit ?.
Nous avons donné place tout à l'heure, à propos de la clôture du carême à la Maison professe, aux récits venus des gazeites d'Amsterdam; 1l est bien permis de tenir compte aussi des échos partis de Rome. Le succès de Bourdaloue en ce début à Ja cour ne pouvait manquer d’intéresser vivement le général des jésuites et l’on voit qu’une première lettre de félicitations avait été envoyée, que suppose la lettre perdue de Bourdaloue. La réponse inédite a été publiée par le P. Chérot*. Nous avons
un Er 02861312
2. «.... Le premier est le P. Bourdaloue qui, après avoir prêché dans notre église Saint-Louis, une grande partie de l'année, avec un concours étonnant, prêcha ensuite l'avent devant le roi très chrétien à la cour, avec une si grande force d'éloquence, surtout de celle qui va à la correction des mœurs, avec un applaudissement si extraordinaire des grands, avec une telle approbation du roi lui-même, qu'il s’est acquis et pour Lai et pour la Compagnie un renom prodigieux, au point de paraitre et d'être
communément appelé Le prince de l'eloquence sacrée.» 3. Bourdaloue, sa Correspondance, p. 209.