Cf. note à, à la fin du livre 1, p
religion de M" de La Vallière, et le Séminaire de Saint-Sulpice, divers sermons isolés de même genre, entre autres un Bourdaloue, Sur la Paix du cœur, et une oraison funèbre de Mascaron, le tout offrant avec les éditions imprimées des divergences intéressantes !,
Il faut signaler enfin les transcriptions soignées que devaient faire ou demander à leurs secrétaires les orateurs qui désiraient montrer les sermons prêchés ou à prêcher, et les soumettre au jugement de leurs amis.
Des témoignages multiples nous attestent cet usage. On le rencontre dans les documents biographiques rassemblés déjà sur Mascaron, et il était selon toute vraisemblance bien plus ancien. M. de Monmerqué a publié dans la notice sur la Correspondance de M" de Scudéry avec Godeau”, la lettre de Mascaron, écrite après son entrée dans son diocèse, que M. Lehanneur
a citée dans sa thèse sur Mascaron *.
On y voit une preuve que les auteurs eux-mêmes prenaient parfois la peine de faire copier, sinon de copier de leur main, les
sermons demandés par leurs amis :
Je ne manquerai pas de faire copier les sermons que vous désirez. Je souhaite qu’ils puissent vous plaire; votre approbation me donnera une joie, moins tumultueuse à la vérité, mais plus solide que celle de toute la cour, et votre sentiment règlera celui que j'en dois avoir.
Les mémoires et les correspondances d’autrefois nous offrent maint indice du même genre. Dans les lettres de M" de Maintenon et celles de Fénelon, il est question de traités ou sermons écrits pour Saint-Cyr que le futur
1. V. Le Prêtre, 11 avril 1901, p. 743, et mes Sermons inédils de Bourdaloue, p. 343, où j'ai publié le manuscrit de Saint-Sulpice sur la Paix du cœur.
9, Œuvres de Tallemant des Réaux, Paris, 1835.
SPAS Motel?
archevêque de Cambrai, alors précepteur à la Cour, aurait pris soin de faire copier pour les lui envoyer, sur sa demande !. C’est à une condescendance analogue de Bossuet pour M" de Luzancy que nous devons la conservation d’un beau sermon de l’évêque de Meaux, celui de la fête de Noël prêché dans sa cathédrale en 1691 ?. Bossuet le dicta de mémoire «après avoir dit » et Ledieu l’écrivit « à Versailles en deux ou trois soirées, pour Jouarre » où il fut envoyé le 8 janvier 1692°. Il ne manque pas dans la Correspondance de Bossuet avec M" d'Albert de passages qui signalent des demandes de cette espèce, également satisfaites *. Que ne nous ont-elles fait retrouver les textes entiers des sermons dont elles nous apprennent la date et le sujet! IT arrivait certainement que l’auteur tenait à honneur de transcrire lui-même quelque morceau oratoire qu’il désirait offrir en témoignage de sa reconnaissance, pour répondre apparemment à quelque flatteuse et délicate sollicitation. D’après des renseignements que je tiens du P. El. Chérot, le P, Gaillard aurait ainsi envoyé à M" de Maintenon un sermon sur Jésus-Christ, mis au net, qu’elle lui avait demandé. Si le billet n’était sans date, il serait possible de rattacher à l’une des stations du P. Gaillard à Versailles la prédication de ce sermon, assez remarqué pour faire l’objet d’une démarche dont les orateurs du temps se tenaient sans doute fort honorés.
Bourdaloue eut certainement à sa disposition des transcriptions de cette nature, soit pour soumettre ses discours à l’appréciation des « conseillers » dont il espé-
1. V. mon étude : À propos de sermons de Fénelon. Revue de Lille, mars 1901, p. 465 et tirage, p. 10.