‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 252 sur 367 · MADEMOISELLE ) AUX SERMONS DE BOURDALOUE · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE ) AUX SERMONS DE BOURDALOUE

Le carème (1676), écrit-elle, ma sœur (la grande-duchesse de Toscane) vint une fois (de Montmartre sans doute) aux sermons du P. Bourdaloue qui y prèchoit (à Saint-Germain en Laye). J’allais tous les samedis à Paris, pour être au prône de ma paroisse, le vicaire prêchant parfaitement bien 1, et m'en allais après, bien vite à Saint-Germain pour ne pas perdre le sermon du Père Bourdaloue 2.

Nous avons donc ici le témoignage qu’au moins une fois en ce carême, Marguerite-Louise d'Orléans, sœur de la grande Mademoiselle, et femme de Côme IT de Médicis, grand-duc de Toscane, « internée » pourrait-on dire, à Montmartre, dans l’abbaye de sa sœur M" de Guise ÿ,

entendit Bourdaloue à Saint-Germain. Elle était arrivée à

Paris, le 21 juillet. Quant à la grande Mademoiselle, elle connaissait notre orateur depuis 1665, et n’en était que plus fervente à l’entendre, même après le prône goûté de Saint-Séverin.

Il semble bien qu’elle fut des plus assidues à ce carême de 1676 : la Gazette ne signale point le jour où la grandeduchesse vint au sermon de la cour.

Dimanche 2 ou mieux lundi 8 février 4.

De S. Germain en Laye le 7 Fevrier 1676.

Le 2, Feste de la Purification ; Leurs Majestez, accompagnées de Monseigneur le Dauphin, de Monsieur et de Madame, assisterent à la Procession accoûtumée, dans la Cour du Vieux Chasteau. Ensüite,

1. C'était le vicaire Lizot que nous retrouverons à son lit de mort avec Bourdaloue (5 avril 1693). Pour le faire curé de Saint-Séverin, Mademoiselle contribua à fairenommer évêque de Digne, en 1677, le curé d'alors, François Le Tellier. Cf. Sainte-Beuve, Port Royal, t. Yv, p. 572, note 1.

2 Mémoires de Mademoiselle de Montlpensier, éd. Chéruel, 1866, t. 1v, p. 319, cité par Mer Blampignon, Bourdaloue, p.15. Mademoiselle, bien que sa paroisse füt Saint-Sulpice, brouillée avec son curé, s'était fait assigner Saint-Séverin. 5 avril 1693,

3. Sur la grande-duchesse, voy. Mme de Sévigné, |. e. t. xI1, p. 577. T.unr, p. 481 et note 5. « On lui prépare ici une prison à Montmartre dont elle seroit effrayée si elle n'espéroit point de la faire changer; c’est à quoi elle sera attrapée. » T. 1v, p. 555: « Elle à un logement à Versailles, elle y fait de fort grands séjours.»

4. C'est la date portée par la Gazelle, mais comme le ? étaitle dimanche de la Septuagésime, il est à croire que le sermon de la Purification fut comme la fête, remis au lundi 3.

Elles oüirent la Messe chantée par la Musique, dans la Chapelle : & l’apresdinée, Elles entendirent, au mesme lieu, une belle Predication du Pere Bourdaloüe, Iesüite, & Vespres aussi chantées par la Musique 1.

23 février, premier dimanche de carême. — Le 23 de ce mois, premier Dimanche de Caresme, Leurs Majestez avec lesquelles estoient Monseigneur le Dauphin, Monsieur, Madame, & Mademoiselle, entendirent en la chapelle du Vieux Chasteau, la Predication du Père Bourdaloüe, lesüite, qui s’en acquitta avec son succez ordinaire 2.

Le sujet de ce sermon nous est heureusement fourni par une de ces nombreuses gazettes à la main qui dorment dans les bibliothèques publiques à côté des discours recueillis par les copistes.

Nous lisons dans des Vouvelles ecclésiastiques : « Le Père Bourdaloue, jésuite, prêche très bien devant toute la cour, le 1° dimanche de carême sur la Fermeté des confesseurs. Il a été fort loué de ce sermon 5. »

Ce titre de sermon est précieux à recueillir. Il montre tout d’abord que Bourdaloue adaptait librement, sauf sans doute à changer l’exorde pour se conformer à l’évangile du jour, d’anciens sujets dont il tenait à faire revenir la doctrine. Même avec cette donnée, l'identification du discours reste conjecturale, plusieurs des sujets traités par Bourdaloue et conservés dans l'édition ou dans les manuscrits des copistes étant susceptibles d’être désignés par ce titre. Essayons cependant sous toutes réserves : des découvertes ultérieures permettront peut-être de vérifier ou d'éliminer certaines hypothèses à contrôler, partant tout d’abord à émettre.

Le sermon des éditions intitulé de la Seveérité de la Pénitence, celui de l’avent dit de 1670 qui donna lieu à l'incident de la princesse de Contif, pourrait, par sa première partie, répondre au signalement. Hardiment et

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