‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 289 sur 367 · ÉLOGE DE LAMOIGNON · texte numérisé non relu

ÉLOGE DE LAMOIGNON

précédente ? Sa dernière maladie qui semble avoir été rapide, n’y dut point mettre obstacle. Toutefois de juin à décembre nous ne retrouvons aucun vestige de Bourdaloue. Il n’est inscrit pour aucun avent !.

Pourtant, sinon en cet avent, du moins bien peu de temps après, Bourdaloue fit quelqu’une de ces exhortations de charité dont le type nous a été gardé par Bretonneau, qui malheureusement ne nous a donné que des spécimens ?. Nous n’avons plus que celle qu’il prononça peu après le 10 décembre, très probablement le 11 ou peut-être le 12, troisième dimanche de l'Avent, et dans laquelle il inséra l’éloge de Lamoignon.

Quelques jours aprés la mort de Monsieur le Premier Président de la Moignon, dit la note de Bretonneau, le P. Bourdaloüe prescha le sermon de l'Aumosne dans une assemblée de charité ; & après avoir expliqué ces paroles qu'il avoit prises pour texte: Qui pensez-vous qu'est le serviteur prudent et fidelle que son maistre a establi sur toute sa maison afin qu'il pourvoye à leur besoins, & qu'il leur distribuë dans le temps la nourriture nécessaire ? I adjousta à la fin de l’exorde :

Je pourrois, Chrestiens, si la douleur toute récente me le permettoit, rappeler icy à vos esprits une idée sensible de ce serviteur prudent et fidelle, dont l'Evangile nous parle aujourd’huy... Ce grand & illustre Magistrat, qu’une mort aussi prompte que douloureuse, vient de nous ravir... Get homme enfin, dont le nom ne mourra jamais, & qui vient de s'ensevelir dans la benediction des peuples ; c’est celuy que je pourrois vous proposer comme la parfaite image du serviteur fidelle de l'Evangile... Je pourrois, dis-je, pour l’execution mesme de mon dessein, vous retracer l’idée de cet homme incomparable, &

1. On ne remarque, du reste, dans la Liste, parmi les noms qui arrêtent l'attention, que ceux de Gaillard, à Saint-Germain-le-Vieil, en la cité, celui de Faydit, chez les Récollettes de l'Immaculée-Conception, au sixième jour de l'octave de leur fête patronale, et l'addition manuscrite traduisant la très vague mention du prédicateur des « Bernardines du sang précieux au Faubourg Saint-Germain. On n'avait imprimé que : Un Reuerend Pere lesuite. Une note ajoutée à l'encre nous dil: « C'est le pere beauuilliers.» Quant au prédicateur royal, c’est l'abbé de Saint-Martin que nous rencontrerons en 1678, à côté de Bourdaloue, auditeur de l'abbé Colbert. et en 1689, pour sa Notice nécrologique.

Page 1