‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 3 sur 367 · IT · texte numérisé non relu

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tous les renseignements de ce genre qui feraient la joie d’un éditeur moderne : «Il s’estoit donné le soin, dit-il, de marquer à la teste de chaque Sermon, non seulement l’année où il l’avoit composé, mais les Eglises de Paris, & les années où il l’avoit presché !. » Ce fut un soin perdu

pour nous.

Que Bourdaloue ait donc pris ou non la même peine, il n’en est pas trace dans l’édition donnée par Bretonneau. Sauf deux ou trois notes marginales ?, pour expliquer le sens d'un compliment oa une allusion quelconque, on peut dire que léditeur qui, pour les sermons de Giroust, avait complétement négligé de se servir des mentions laissées par celui-ci, dédaigna, en publiant les sermons de Bourdaloue, toute espèce de commentaire historique.

Sainte-Beuve a donc eu raison de dire que, si «l’édition du Père Bretonneau a été excellente pour son moment», il faut comprendre autrement de nos jours une bonne édition de Bourdaloue. Elle « devrait rassembler le plus exactement possible, écrivait-il, toutes les particularités, les éclaircissements et les inductions qui se rattacheraient à

chaque sermon, en fixer la date et les circonstances lorsqu'il

1. Sermons pour le Caresme, par le Pere Giroust de la Compagnie de Jésus. Tome premier. À Paris, chez Nicolas Pepie, ruë $S. Jacques, à S. Basile. M.DCC.Iv.

2. Par exemple au sermon sur la Conceplion de la sainte Vierge,

prêché le 8 décembre 1697. V. éd. princeps, in-8, Mystères, t. 11, p. 49. Voy. aussi la préface des Myslères expliquant le sermon sur la Dévotion

à la Sainte Vierge. V. plus bas à l'avent de 1691.

er

y aurait moyen : ces quelques notes au bas des pages, sans nuire à la gravité, animeraient la lecture *. »

Ce sera en effet le rôle de l’éditeur d'éclairer, d’un sobre et substantiel commentaire, les sermons publiés jadis par Bretonneau suivant une méthode alors commune à tous les éditeurs de sermons. Mais. pour rendre possible cette édition rêvée, il ne faut pas se résigner, comme y consentait trop aisément Sainte-Beuve, à résumer toute la biographie de Bourdaloue dans cette seule phrase : «Il a prêché la parole sainte ?. »

Il est très exact de dire de Bourdaloue que «sa personne et tout ce qui touche l’homme, lindividu, auteur ou orateur, a disparu dans la plénitude et l’excellence ordinaire de sa parole, ou plutôt y a passé et s’y est produit tout entier ?. » Il est permis d'admirer avec Lamoignon « l’uniformité » des œuvres de cet homme qui ne fut guère en eflet que prédicateur. On aurait tort cependant de trop détacher Bourdaloue de son siècle et de supposer qu'il ne s’est guère mêlé à la vie et aux relations ordinaires de ses contemporains. Les fragments de sa correspondance, bien que rares encore, sont de nature peut-être à modifier légèrement l’idée un peu convenue qu’on s’est faite de sa

physionomie en la regardant trop exclusivement à travers

1. Causeries du lundi, t. 1x, p 293. Feugère a fait écho à ce souhait : « Notons en passant, dit-il, qu’une édition hislorique de Bourdaloue reste à faire.» P,. 44.

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