MORT DE M'° DE MONACO
un Lit de parade, et porté le 7° dans vn carosse de deüil suivi d’un grand cortege, en l'Eglise des Capucines de la rüe S. Honoré: où il a esté inhumé dans la chapelle de la Maison de Gramont. Toute la Cour a témoigné vn regret sensible de cette mort. Son Cœur sera porté à Monaco, au Monastere de la Visitation, dont elle est fondatrice !.
Ce communiqué élogieux peut être conforme à la vérité en ce qui concerne la patience dans la maladie et la mort chrétienne. Il est constant du moins que cette réparation n’était pas un luxe inutile. Elle avait épousé, le 30 mars 1660, Louis Grimaldi, prince de Monaco, duc de Valenünois, qui devait devenir en 1698, ambassadeur à Rome, où 1l mourut le 3 janvier 1701. Saint-Simon a parlé des
- chagrins domestiques que lui valut la conduite de «sa
femme, si amie de la première femme de Monsieur et si mêlée dans ses galanteries, et elle-même si galante ?.» C’est en qualité de surintendante de la maison de la seconde Madame qu'elle mourut au Palais-Royal. «Elle est favorite et engouée de cette Madame-ci tout comme de l’autre. Cela est bizarre », écrivait M* de Sévigné le 14 juillet 1673 *. Cest dans les lettres de la marquise et de ses correspondants qu’il faut suivre et contrôler tes détails que nous donnent sur sa dernière maladie et sur sa mort la Gazette et le Mercure. Celui-ci, sans prononcer le nom de Bourdaloue le laisse assez reconnaitre.
On lit dans sa lettre de juin
Madame la Princesse de Monaco, Surintendante de la Maison de Madame est morte dans les premiers jours de ce Mois après une longue maladie qui n’a pas moins fait éclater sa patience à souffrir, que son entière resignation aux ordres d'Enhaut. Elle a esté fort regretée de toute la Cour, & particulièrement de Leurs Altesses Royales, qui avoient pour elle de tres-grandes considérations. Feue Madame l’avoit fort aimée. Entre les belles qualités qui luy attiroient
. Gazetle, n° 57.
Saint-Simon, t. vit, p. 38. Cf. t. nr, p. 18 ett. mm, D'R20. “Sévigné, t. ur, p. 212.