‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 303 sur 367 · FERMETÉ DE LA MOURANTE · texte numérisé non relu

FERMETÉ DE LA MOURANTE

l'estime de tout le monde, celle de constante & fidele amie estoit une des premieres.

Le panégyrique continue aiusi quelque peu, pour arriver aux derniers moments dont l’édification parait surtout attribuée à l’influence de la duchesse de Gramont, Françoise-Marguerite du Plessis-Chivray :

Cette vertueuse Mère, avec une constance digne de la grandeur et de la fermeté de son ame, fut la première qui annonça à sa fille qu'il falloit qu’elle se préparast à mourir. Le détachement qu’elle a pour le monde fut un exemple assez fort pour l’inspirer à cette Princesse, Elle receut cette nouvelle sans s’en ébranler et n'eut plus d’autres pensées que de ménager pour l’éternité le peu qui pouvoit encore luy rester de vie. Elle fut fortifiée dans cette resignation toute Chrestienne par les soins d’un des plus celebres Predicateurs de ce Siecle. Tout le monde connoît son mérite. Il faut en avoir beaucoup pour se faire distinguer dans une société où 1l n’y a que de grands Hommes.

Dès le 20 mar, M" de Sévigné avait écrit que la maladie de la princesse était jugée mortelle, et elle parlait de sa fermeté :

Mme de. Monaco se meurt encore, dit-elle: elle est hors de toute espérance de pouvoir vivre et se voit mourir avec un Jugement sain qui devroit épouvanter et qui ne trouble pourtant pas sa constance. Elle meurt avec toute la fermeté possible. Elle la communiquée à ses amies, car on ne peut pas la voir mourir avec plus de fermeté qu'en témoignent Mme de Louvigny et Mlle de Grancey : M. de Monaco est le seul qui leur dispute, mais pour lui il a ses raisons et l’on comprend facilement le peu de regret qu’il a de perdre cette personne qui s'était séparée de lui volontairement 1.

Dans une lettre sans date, mais qui doit être de la fin de mai ou du commencement de juin, elle nous dit qu’avertie par son médecin, elle prend ses dernières dispositions, et se confesse au P. César, ce religieux que Bussy appelle « le bon ouvrier pour les consciences délabrées ? » :

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