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3. V. sur ces éditions les détails donnés par le P. Sommervogel, Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, t. vir, col. 300, n° 36.
LES ÉDITIONS SUBREPTICES 29 réputation des prédicateurs ». La Rue nous apprend qu’il fit campagne avec les principaux intéressés :
J'obtins comme eux, dit-il, un privilège spécial, qui défendit le débit et même l'entrée du royaume à toute autre édition qu’à celle qui se ferait de notre consentement,
Le privilège fut obtenu en 1707, et La Rue relève, à l’éloge de sa modestie, «le peu d’empressement » qu'il a « marqué depuis douze ans à s’en servir. » Il conclut, comme tant d’autres :
La fausse édition m'ayant fait une nécessité d’être livré à la lecture et à la censure du public, on ne doit pas trouver mauvais que J'aime mieux m'y livrer tel que je suis, que de m'y voir produit sous une figure étrangère, digne de pitié et de mépris !.
Au numéro V du Journal des Savants de 1706, le lundi 1" février, on lisait ce compte rendu :
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Sermons sur les Évangiles du Carême. Par le R. P.‘** Deux Tomes 1n-12. A Trevoux chez Etienne Ganneau 1706. Premier Volume, pagg. 506. Second Vol. pagg. 565.
Voici une nouvelle entreprise des Copistes & de quelques Libraires qui ont trouvé moyen de trafiquer à leur profit de la reputation des Predicateurs, par des Recueils infidelles de leurs Sermons.
Il a déjà paru quatre Tomes de Sermons, attribuez au Pere Massillon fameux Predicateur de la Congregation de l’Oratoire. En voici deux nouveaux attribuez au Pere de la Rue Jesuite. Ils renferment, à ce que l’on pretend, un Carême de sa façon. On en prepare encore deux autres Tomes sur les Mysteres & sur les Fêtes, & l’on menace le Public d’une inondation de pareils Ouvrages des plus celebres Orateurs.
On a vû dans le dernier Journal p.99 le desaveu des quatre Tomes qui regardent le Pere Massillon, Tout défectueux qu’ils sont, ce n'est, pour ainsi dire, que le coup d'essay de l'ignorance des Copistes, & de l'audace des Libraires. En voici le chef-d'œuvre dans ce nouveau recueil,
Il est étonnant que l’on puisse parvenir à renverser tellement l’ordre naturel des pensées, à {ronquer & confondre les preuves, à corrompre le style par des tours froids et grossiers, par des expressions puériles & rampantes, à dégrader enfin si absolument