BOURDALOUE A LA VISITATION DE SAINT-DENIS
s’habillèrent après que le sévère orateur eut condamné le luxe des vêtements 1?» ,
Pour ne point couper tout à l’heure le carême royal, qui, bien qu'ouvert au 2 février, ne reprit qu’à la fin de mars, durant la seconde semaine et peut-être plus tard encore, plaçons dès maintenant un document relatif au mardi 12 mars, ré lui aussi des Annales de la Visitation. Il nous montre Bourdaloue, à qui les fêtes de la cour pour le mariage de la nouvelle Dauphine faisaient des loisirs, assistant au lit de la mort, la sœur Catherine-Angélique de Bréauté, au monastère de la Visitation de Saint-Denis. Voici le récit de l'Année sainte :
C'était en 1680, 12 mars. Connaissant notre chère Sr Catherine- Angélique si dégagée de tout, on lui demanda, la veille de sa mort, si elle souhaitait qu’on priât le R. P. Bourdaloue, alors au parloir, d'entrer dans le Monastère pour la voir. Elle répondit avec sa douceur ordinaire : « Il faut se servir de l'avantage que la Providence nous offre pour nous aider à bien mourir. » Ce bon Père fut fort édifié des dispositions de cette sainte malade et dit : « J'avais cru lui donner quelque consolation, mais j’en ai beaucoup plus reçu d'elle ; en même temps que son corps s'affaiblit, son esprit s'élève et se fortifie davantage ?, »
Le contexte de la relation semble indiquer qu'une Exhortation suivit cette visite, si les mots soulignés ne se rapportent pas à une simple conversation avec l’auteur de de la’ notice.
Je lui dis en le reconduisant que je la trouvois dans des dispositions toutes angéliques. Il me répondit que tout étoit surnaturel et divin dans cette tres sainte ame, nous faisant en suitte une fort belle reflection sur les avantages d'une sainte Reliqieuse à la mort.
1. Intermédiaire des chercheurs, t. 11, P 663, Ph. Salmon. Le Diclionnaire de l'Académie française (édition de 1814) écrit bourdalou, Littré rappelle que ce mot est donné comme féminin par Richelet. « Porter une bourdalou à son chapeau.» Richelet dit aussi que bourd:lou est le nom d'une sorte de linge ouvré qu'on fabriquait aux environs de Caen. Il signale eufin bourdaloue comme nom d'étofte commune.
?. Année sainle, &. xxx, p.094.
Le lendemain matin sur les 7 à 8 heures... elle entra dans l agonie et mourut le 13 mars 1680 à 42 ans et 26 de Profession 1, »
Quatrième carême (cinquième station) à la cour.
C'est à Saint-Germain-en-Laye que fut commencé ce carême * qui devait être tronqué, et ne reprendre ni au Jour des Cendres, ni au premier ou même au second dimanche.
Vendredi 2 février. — Le deuxième de ce mois, Feste de la Purification, le Roy accompagné de Monseigneur le Dauphin, de Monsieur et des Chevaliers du Saint-Esprit... assista à la Procession qui se fit dans la Cour du vieux Chasteau, & à la grand Messe célébrée par l’Archevesque d'Ambrun #, Evesque de Metz L’aprésdinée, le Roi & la Reine entendirent le sermon du Pére Bourdaloue lesuite, et les Vespres, etc #. »
Parmi les sermons conservés dans l'édition, le premier des Mystères, pour la fête de la Purification *, que M. l'abbé Pauthe assigne à tort tout entier et, sans rien distinguer, à l’année 1674, renferme dans sa péroraison des traits qui semblent bien se rapporter à Pannée 1680 f. Le P. Lauras les avait d’ailleurs déjà signalés, mais on peut forüfier
1. Monastère de Saint-Denis, 16 février 1681, pp. 9 et 10, signé : Marie- Madeleine Le Laboureur. Bibl. nat., Ld, 173?, monastère de Saint-Denis, 16 février 1681. — La duchesse d'Aiguillon vint la voir, au moment de la mort, avec « Mademoiselle de Richelieu, sa nièce. » Sa mère, la marquise de Breauté y vint aussi (p.9). La mort de la marquise de Breauté est signalée dans le Mercure de juin 1681, p. 310. (K.)
2. Liste des Prédicalcurs, p. 4. « En la ville, au chasteau royal du Louvre devant leurs Majestez Le Reverend Pere Bourdaloüe, lesuite, » Cette même année, on voit désigné « En l'Eglise metropolitaine » de Paris, le P. Giroust, pour le carême, et pour l'avent, Gaillard « en l'Eglise des Jésuites. » Fénelon préchait « aux religieuses Carmélites du faubourg Saint-Jacques, les dimanches et fêtes » du carême.
3. C’est Mgr de la Feuillade. Cf. plus haut, p. 302. 4, Gazette du 9 février, de Saint-Germain-en-Laye, ne 12, p. 71. DEMTAEVI ND: 136:
6. M. le chanoine Pauthe a le tort de n'avoir point remarqué la péroraison qu'il cite, pp. 96-105, comme appartenant au carême de 1674, et que le P. Lauras avait déjà établie (t. 1, p. 269), comme prêchée en 1680.