‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 349 sur 367 · RÉPRESSION DES DUELS · texte numérisé non relu

RÉPRESSION DES DUELS

si avantageuses à l'Eglise & si sages, pour contenir l’héresie dans les bornes que les Edits de vos Ancestres luy ont prescrites; ces tribunaux érigez pour exterminer le libertinage & le vice, ce sont autant de preuves, & de preuves authentiques du zéle qui vous anime. I y avoit dans la France des monstres cachez, & vostre Majesté est le Heros que Dieu a suscité pour les étouffer & les écraser. Le sacrilege, l’impieté, l’homicide, suites funestes, mais infaillibles de la debauche & de la licence des mœurs, se repandoient dans le monde ; & c'est à vous, Sire, que le monde sera redevable d’en estre purgé.… Vous soutiendrez, Sire vostre ouvrage; vous y employerez toute vostre authorité ; & par vostre authorité Royale, vous y mettrez la derniere perfection, Autrefois l'irreligion, la prophanation des choses saintes, les jurements, les blasphesmes regnoient à la Cour, mais ils y sont devenus des noms odieux, parce que vostre Majesté les a proscrits. Que ne peut-elle point encore contre d’autres desordres ; & que doit-elle obmettre de tout ce qu’elle peut pour les abolir 1?

Bien des faits contemporains relatés par la Gasette où le Mercure confirment et datent ces lignes, qu’elles aient ou non, subi les retouches de Bretonneau. Il faut compter du reste toujours avec le phénomène de la contaminatio, ou mélange possible de deux textes. Ainsi le trait sur la punition des blasphèmes semblerait faire reculer le sermon jusqu’à l’ouverture de carême de 1682 ?.

Rien d’impossible à ce qu'il y ait eu à plusieurs reprises rénovation de ces édits, maintes fois promulgués depuis

remonter à Louis XIII. Deux édits de 1611 et 1613, restés lettre morte jusqu'à ce que Richelieu les mit en vigueur par le supplice retentissant de Bouteville et Beuvron, en 1626, pourraient bien avoir comporté cette clause, où l’on croit voir l'influence du ministre qui ne voulait point faire gràce.

Dans une lettre de Mme de Sévigné à la comtesse de Guitaut, 28 décembre 1692 (nous la retrouverons à l’avent de cette année), une expression fait allusion à ce rôle des maréchaux : « S'il y a une querelle pour la chasse, soyez encore le maréchal de France.»

PT vr p.175. NV. plus bas, 21Huillet 1685;

2, On lit dans la Gazette du 7 juin 1681 : « Le Roy a renouvellé ses ordres pour la punition des jureurs & des blasphemateurs dont sa Majesté veut purger son Royaume : & le 29 du mois dernier, le nommé François Amiot, convaincu de blasphème, fit amende honorable & eut la langue percée, en exécution d'un jugement rendu par le Lieutenant de robe longue de la Prevosté de l'Hôtel.» (De Versailles, le 6 juin, p. 346, n° 52).

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