‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 351 sur 367 · MASCARON SUR LA PAIX DE NIMÈGUE · texte numérisé non relu

MASCARON SUR LA PAIX DE NIMÈGUE

Quant au traité de Nimègue, signé le 5 février 1679, apporté à Saint-Germain par le marquis d’Estrades, le 10 du même mois, et solennellement publié avec Te Deum à Notre-Dame le 26 avril, bien des orateurs, notamment Mascaron, dans son compliment du sermon de la Toussaint, ouvrant l’avent de 1679, en avaient fait le thème de leurs éloges et de leurs leçons au roi.

Le Mercure de décembre 1679, cite complaisamment le discours de Mascaron pour le compliment final du jour de . la Toussaint :

Le commerce d'écriture, dit-il, que vous avez bien voula que nous ayons étably ensemble depuis trois ans, ne m’oblige pas seulement à vous parler de tout ce qui a fait mériter le surnom de Grand à Louis XIV, mais mesme à vous envoyer ce que les premiers Hommes du siecle ont ecrit sur un si vaste sujet. C’est une obligation à laquelle je satisferois mal, si je ne prenois soin de vous faire part du Discours que Mr l'Evesque de Tulles, nommé à l’Evesché d'Agen, luy adressa en preschant au Louvre le jour de la Feste de Tous-les- Saints. Ce Discours a fait assez de bruit pour exciter la curiosité de ceux qui ne-Pont point entendu. On s’empresse de lous ces costez pour en avoir des Copies. I vient de m'en tomber une entre les mains & Je vous l’envoye. C’est un peu tard ; mais les belles choses ayant l’avantage de ne point vieillir, & conservant les mesmes beautez en tout temps, celle-cy n'en doit pas moins avoir pour vous aujourd'huy, que vous luy en auriez pû trourer il y a deux mois 1,

1. Cette même raison ingénieuse permet au Mercure de citer dans son numéro suivant, un discours, datant d un an, celui de l'abbé de la Broue, le futur évèque de Mirepoix'. Bien que celui-ci, même pour son oraison funèbre de la Dauphine, ne soit guère un orateur connu, il serait curieux de cueillir aussi dans le Mercure une longue citation de son compliment du 2 février 1679, sur un thème à péu près semblable, mais ces comparaisons nous entraineraient loin de Bourdaloue. Elles seraient le lot de qui voudrait faire une étude sur ces compliments officiels de cour, qu’on rencontre en bon nombre dans le Mercure. Ce qu'il faut recueillir ici c'est le sujet du discours, en vue des identifications possibles du sermon qui à dû courir en copies assez nombreuses, et la manière dont le nouvelliste présente ce nouvel extrait. On voit que son innovation, car il n'avait guère cité les compliments royaux avant cette époque, a été goûtée et il recommencera. L'auteur du Mercure, en janvier 1680, p. 90, parlant du sermon sur l'observance de la loi, « sur laquelle M. l'abbé de la Broue prescha si éloquemment devant le roy, il y a bientost un an » (2 février

* V. mon étude De Munere paslorali Bossuel, p. 61.

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