‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 352 sur 367 · LES ÉLOGES DU ROI · texte numérisé non relu

LES ÉLOGES DU ROI

L'Illustre Prelat à qui nous devons ce merveilleux Eloge du Roy, traita dans le sermon que je vous ay déjà marqué, de la violence qu'il faut se faire pour gagner le Ciel. Il y deploye son eloquence ordinaire, & apres avoir charmé tous ses Auditeurs par les excellentes preuves qu'il apporta pour soûtenir.cette grande verité, il finit de cette sorte :

Sire, Si la gloire des saints n'étoit pas plus difficile à acquérir que celle des Héros, je ne crains point de dire que le Ciel ne cousteroit à Votre Majesté n’y effort, ny violence 1...

Le Mercure ajoute :

A ne considerer que le dehors des grandes entreprises que Vostre Majesté vient de terminer, on diroit que ce sont des actions possibles à un Heros qui, apres avoir triomphé de tous ses Ennemis par les glorieuses fatigues de la guerre, s'efforce de triompher de luy mesme par la moderation avec laquelle il leur accorde la paix ; mais, Sire, quiconque entrera dans le fond du cœur de Vostre Majesté trouvera une inclination si dominante pour la gloire qu'il sera convaincu que le repos & les delices vous eussent plus cousté que le cours d'une si longue activité ; & imposer en Maistre le joug glorieux de la Paix à ceux qu’il ne vous a plû retenir sous le joug glorieux de vostre empire. est une espèce de gloire si nouvelle et si particuliere à Vostre Majesté, que l'on peut douter si ce que nous appelons moderation n'est pas en effet la plus noble, & la plus heroiïque

1679), ajoute : « Je suis fort aise, Madam», que vous m'ayez obligé à vous faire part du compliment qu'il fit à Sa Majesté à la fin de ce Sermon. Vous me donnez lieu par là de satisfaire quantité de Curieux, qui ont esté si charmés de celuy de M. l'Evesque d'Agen que je vous envoyai la dernière fois, qu'ils en souhaiteroient souvent de cette nature. »

Voici l'incipil et les derniers mots du morceau cité, contenant une comparaison quelque peu maniérée tirée des saisons de l’année :

« L'observation de cette Loy, Sire, est le plus grand objet... Qu'ils connoissent donc, Sire, que vous voulez que ce soit là le premier soin du glorieux loisir que vous venez de vous procurer (ete.) afin d'y faire régner la Foy de la souveraine Majesté à qui appartient l'Empire, la Puissance et la gloire. »

1. Ce passage est connu. On le trouve cité par S E. le cardinal Perraud, dans l'Oratoire de France au XVII: siècle, 2 éd. 1866, p. 335, et dans l’article de Mgr Blampignon, Correspondant, 10 mai 1870, et Etudes criliques, 1897, p. 362, d'après une copie du P. Juaret. Mais le Mercure nous donne lieu de compléter cette citation, et il y à quelques variantes de détail qui rendraient intéressante la comparaison des textes.

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