REDITE DU SERMON DE
{oujours assez vagues, laissées dans édition. Dans ce sermon sur l’Observation de la Foi, traité, comme nous lavons appris par M de Sévigné, en 1674, à la cour , mais Cerlainement repris soit devant le même auditoire, soit aussi à coup sûr dans les paroisses de Paris, il doit s’être glissé plus d’une interpolation provenant de ces diverses redites !. C’est ainsi qu’un passage du premier point semble bien indiquer un autre auditoire, et par suite une autre circonstance que les prédications à la cour, soit en 1674, soit en 1680 :
Cecy, dit l’orateur, me donne lieu de parler maintenant à vous, mes Freres, à vous dont le salut me doit estre d’autant plus cher, & les ames plus precieuses, qu'ayant moins de part aux avantages du siecle, vous participez moins à ses desordres & à sa corruption; à vous que Dieu a fait naistre dans des conditions plus obscures, & dont il semble que la destinée, ou pour mieux dire, la vocation se termine à dépendre & à obéir.
Ïl est bien invraisemblable, quoique non impossible, que celte apostrophe aux humbles ait été dite dans la chapelle royale. On aurait plutôt ici la trace d’une prédication de ce sermon, faite dans une église comportant un auditoire plus mélangé que celui de la cour, et où il fût du moins loisible à l’orateur d’adresser directement la parole à la classe « dont la vocation est de servir. »
La suite du carême de 1680 nous mène, du 2 février aux derniers Jours du mois de mars. Sans doute Île prédicateur avait été averti que sa station ne pourrait reprendre, comme d'ordinaire, au premier dimanche, mais qu'on l’aviserait du moment où la cour, alors en grand mouvement, serait prête à l’entendre. Le mariage du dauphin que Colbert avait négocié à Munich, à la fin de 1679, conclu par le duc de Créqui, procureur de son maître, le 29 janvier, devait faire brêche, par suite
1. V. plus haut, p. 313, une réfutation de la théorie que M. l'abbé Hurel appuyait sur ces interpolations.
des cérémonies et fêtes qui accompagnèrent ou couronnèrent le voyage, à la durée ordinaire des prédications. Le 14 mars, un des jésuites correspondants de Condé, le P. Bergier, lui écrivait :
Le P. Bourdaloue a ordre de se tenir prêt pour prescher mécredy (sic) prochain à Saint-Germain f.
Y eut-il bien sermon au mercredi 20 mars, jour assigné à Bourdaloue, et ne fit-on point attendre encore le prédicateur ? Il est difficile de le savoir. Sans doute la cour, partie de Villers-Cotterets le 17, pour coucher à Dammartin, arriva le 18 à Saint-Germain-en-Laye, mais nul n'y paraît pressé de commencer le carême ?.
On se demande si, au milieu des fêtes rappelées par la Gagette, il y eut place pour les sermons du 20, du vendredi 22 et même du 24 mars, troisième dimanche, et si l’ingénieuse, mais fragile remarque de Feugère ne serait pas Justement appliquée à l'annonce du sermon de l'Annonciation. Il attire l'attention sur la formule : «qui prêche le Caresme devant Leurs Majestez, » ajoutée à l’annonce de ce sermon. «C’est, dit-il, la formule consacrée, qui se retrouve deux fois par an dans la Gazette au commencement de chaque avent et de chaque carême, après le premier sermon prononcé devant le roi...» Ilen
1. H. Chérot, Bourdaloue inconnu, p.8. Bergier à Condé. Paris, {4 mars 1680. Papiers de Condé, série P., t. 17, fol. 266. — Le P. Chérot dit ICI « Ce fut là une sorte de carème impromptu, ne commençant qu'après le deuxième dimanche ». À quoi il ajoute cette note : «Le vingt-cinquième jour de ce mois, feste de l’'Annonciation. Gazette, écrit de Saint-Germain, le 23. » — L'Annonciation étant le lendemain du troisième dimanche de carème, c'est peut-être ainsi qu'il faut changer le texte que cette note était appelée à corroborer. Toutefois j'avoue que le P. Chérot parait supposer l'existence d'un sermon le mercredi 20, et la lettre de Bergier y invite. En ce cas, c'est bien deuxième dimanche qu’il faut mettre, mais la Gazelle prouve mème pour le troisième.
2. «Le lendemain (19), dit la Gazette, Madame la Dauphine tint le cercle dans sa chambre, & alla ensuite avec le Roi, la Reine et Monseigneur le Dauphin, à l'Opéra de Proserpine. » Gazette, 23 mars, p. 144, n°24.)