V. éd. princeps, t. n, p. 17. Memento, etc
lement intéressants. Il est certain que limprimé a plus de nombre, qu'il est plus écrit. Mais a-t-il tout gagné ? On y voit un certain souci de la noblesse. Le mot «enragé », qui est bien de la langue du temps et de celle de Bourdaloue ‘, y est remplacé, du fait de l’orateur lui-même peut-être, par le mot « passionné ». Surtout n’y a-t-1l pas dans le texte revu une certaine lenteur qui tient au désir de tout déduire et de faire suivre logiquement les routes de la pensée? Aucune transition ne semble épargnée. De là ces sortes de redondances un peu berceuses « désirs. sans mesure qui tourmentent toujours et qu'on ne remplit Jamais... insatiable cupidité dont rien ne peut amortir l’ardeur. »
Toute crudité, mais, heureusement, non toute vigueur a aussi disparu : cependant j'ai presque regret de voir l’ancien texte, même l'expression réaliste de « la tête pourrie », surtout la phrase : « c'était une personne bien faite, elle était jeune, spirituelle, belle, qgalante, etc. », remplacée par celle-ci :
C’estoit une jeune personne aussi bien que vous, elle estoit l’idole du monde comme vous, aussi spirituelle que vous, aussi recherchée & aussi adorée que vous. Mais la voyez-vous à present ? voyez-vous ces yeux éteints, ce visage hideux qui fait horreur ? c'est de quoy réprimer cet amour infini de vous-mesme,
J'avoue que Je préfère l’ancienne brièveté, même au prix de la délicatesse du goût, plus respectée dans le livre ?.
Nous reviendrons d’ailleurs sur les ressources que nous promet pour l’histoire plus vraie de la prédication vivante de Bourdaloue la série des pages manuscrites où nous est révélé le ton familier, hardi, cru même, de ses sermons. Une description toute semblable à celle-ci, prêchée à la cour et devant le rot, dans un sermon sur la Prépara-