Assez incorrecte. Cf. note d, p
2, P. 227, ligne ?8, entre les mots: détruire et erreurs,
sont sur la terre et que les fidèles intercédassent pour les ames qui souffrent dans le purgatoire ? Comme ces ames captiues, toutes Justes qu'elles soyent, ne sont plus capables de satisfaire à Dieu, Dieu veut que nous satisfassions pour elles, et parce que nous serions indignes d’estre exaucés les saints se chargent de nos prières, ils les portent à Dieu et, par ce moyen, l'Eglise triomphante (p. 265) satisfait pour la militante et la souffrante, et c'est de là que resulte la communion des S$S. qui fait un des principaux points de notre religion.
Mais parce que cela est trop éleué pour la fin que je me suis proposée, qui est l'édification de vos ames, venons à la gloire que les bienheureux reçoivent d’estre nos intercesseurs. Le Prophete Roy estimoit qu'il est important de publier à toute la terre la gloire que Dieu donne a ses esleus, persuadé qu'il n’y a point de motif plus efficace pour inspirer la sainteté : Enfans des hommes (c'est a nous qu'il parle) qui n’aymez que la vanité et ne cherchez que le mensonge; je scay d’où vient cet empressement de cœur. C’est de amour que vous aues pour la gloire. Mais scaches qu'il y en-a une autre que celle de la terre, que le monde ne possède que ce qu'il y a de plus vif, et pour vous en conuaincre, regardez la gloire dont Dicu comble ses esleus : Scritote quoniam Dominus mirificauit sanclum suum. Cette seule veüe vous détrompera de || vos erreurs f.
Il convient encore ici de rapprocher du texte de l'édition officielle cette page conservée par les copistes. Qu'on lise, au second volume des Mystères ?, le passage parallèle :
L’élevation de leur estat n’a rien qui nous choque, parce que nous n'ignorons pas qu'ils ne souhaitent rien plus ardemment que de nous rendre aussi grands et aussi puissans qu'eux. Enfin la gloire qui fait naistre communement l'orgueil dans ceux qui la possedent, & la Jalousie dans ceux qui y pretendent, a icy deux effets tout contraires : car elle donne aux Saints des inclinations bien-faisantes pour nous, & elle nous inspire une reconnoissance affectueuse pour eux, en sorte que nous avons bien droit de nous escrier : Mirabilis Deus in Sanctis suis. Ce n'est pas tout; mais voici une pensée qui vous paroîtra encore plus solide, & plus touchante : c’est le venerable Pierre Abbé de Clugny, qui me la fournit dans une Epistre contre certains heretiques de son siecle. Elle est digne de votre attention. Dieu, dit ce scavant Prelat, auoit un important dessein.
1. L'édition de 169? a imprimé: La puissance et la gloire font naître Vos erreurs.
RTC AD 360:
Il est inutile de prolonger la citation, car rien n’est plus aisé que de contrôler sur l'édition ces ressemblances et ces différences pleines d'intérêt. Les unes et les autres sont pour recommander à l'attention les copies qui nous offrent les doublets de certains sermons, même indépendamment des éditions subreptices, et là surtout où celles-ci faisaient défaut.
C’est ainsi encore que le manuscrit de Grenoble comble une lacune curieuse de l’édition de 1692. Au tome 1m, le sermon assigné pour le lundi de la cinquième semaine du carême se retrouve en manuscrit dans ce recueil de Grenoble, mais appliqué par l’orateur au dimanche dans l’octave de l’Ascension, par suite avec un exorde spécial, sur un évangile différent.
Cette entrée en matière est à recueillir comme type des adaptations à un autre jour d’un sermon déjà composé et prèché en d’autres circonstances. Ces changements d’exordes, qui ont disparu à lédition, ne sont guère sauvés de la destruction que par les copies contemporaines. Je donne celui-ci comme spécimen du genre.
Au lieu du texte : Zn novissimo die. hoc autem dixit de Spirilu quem accepturi erant credentes in eum (lo., vu, 37-39), le sermon manuscrit offre celui-ci : Cum autem venertt Paraclitus, quem ego mittam vobis a Patre Spiritum verilatis, illetestimontum perhibebit de me (Lo.,xv, 206).
Le sujet indiqué par le titre du manuscrit, de l'Amour du prochain, est le même de part et d'autre et le plan (le double intérêt, l'intérêt propre et celui d'autrui) se retrouve dans l'édition au xu° dimanche après la Pentecôte, sur l’évangile du jour, qui est celui du bon Samaritain.
Le début, jusqu’à l’Ave, est différent dans le manuscrit qui commence ainsi :
Nous voicy, chretienne Compagnie, à la veille d'un grand mystere
qui est la venüe du St Esprit, ce nombre sacré des jours entre Pasques et la Pentecoste allant bientost s’accomplir, Eglise est dans l'attente
de cette auguste solennité, et il y va de votre intérest de vous y disposer sérieusement, pour profiter de toutes les graces qu'elle nous y apporte.
Après que J. Chr. fut monté dans le ciel, et les apostres et la Ste Vierge se retirerent dans une maison particulière, qui depuis est deuenüe le lieu le plus St. et le plus venerable de toute la terre, et là se disposerent durant huict jours à receuoir l’esprit de dieu et ce baptême de feu, qui leur auoit étè promis ; mais quelle fut, à votre auis, la preparation, qu'ils crûrent la plus necessaire pour se disposer dignement à cette feste ? Ce fut l'union et la charité mutuelle qu'ils auoient entr'eux, qui selon l'expression de l’Ecriture les obligeoit à perseuerer ensemble dans la priere et se voir liès par un veritable lien d'amour et de charité. Hi omnes erant perseuerantes unanimiler in oralione. C’est là, chrétiens, le beau modele, qui nous est ‘proposé aujourd’'huy, c’est la disposition la plus importante que vous puissiez apporter à la reception du St. Esprit et sans laquelle Je puis dire que vous ne profiteres jamais de ses graces, j'espere que vous en demeureres conuaincus pourveu que vous me fauorisies de vos attentions, ou plutost que vous attiries sur vous et sur moy les laumieres de ce diuin Esprit, en saluant Marie auec lAnge. Au.
À parur de cet endroit le sermon, sauf variantes de détail, est le même dans l'édition subreptice et dans la copie, moins toutefois un passage important absent de imprimé, et qui devrait y prendre place à la fin du premier point. Il n’est point aisé, comme dans l’exemple précédent, où la lacune était certainement involontaire et malencontreuse, de savoir si le développement omis n’a pas été laissé par lorateur lui-même dans le dessein d'abréger ; c’est pourtant douteux, car le raccord semble nécessaire !, Le voici tel qu'on le lit dans le ms. G. Date aD
et ce grand homme (S. Jérôme) le prouve par de fort bonnes raisons ?, | faisant voir l'obligation de la charité qui est imposée aux hommes, Or quand le Sauueur nous commande de nous aymer les
l. 11 faut l'insérer, en tous cas, dans l'imprimé, à la p. 40, 1. 28.
?. Le pseudo-Cramoisy donne « par de fortes raisons », et il continue:
«..TaisOns ; après qu'il nous a fait voir l’excès de son amour, il nous dit: Mandalum...….
uns les autres, comme il nous a aimé lui mesme, il nous dit que la charité que nous faisons paroître est une marque que nous sommes ses disciples et fait connoitre au monde que nous appartenons veritablement à Dieu: in hoc cognoscent omnes quia discipuli mei eslis st dilectionem habueritis ad invicem. Ce ne sera pas par la vertu des miracles, ni par la force des revelations, ni par les vertus exterieures de la penitence et des austérités que le monde connoîtra que vous estes mes disciples, parce que ceux qui ne sont pas mes disciples peuvent faire toutes ces choses. Haec enim omnia facere possunt discipuli etiam non met. Mais (p. 178) s’il n'y a que les disciples de J. Chr. qui embrassent la charité du prochain en sorte que les ennemis mesmes n’en soient pas exclus, il faut conclure que leur charité est plus grande que celle de tous les hommes du monde. In hoc cognoscent omnes quia discipuli met eslis st dilectionem habueritis ad invicem. C'est là une déclaration publique de la charité qui n'est pas moins authentique que celle de la foy. C'est là une marque spéciale du christianisme qui nous distingue du Juif infidelle, par laquelle nous nous aimons comme J. Chr. nous a aimés lui-mesme, c’est a dire d'un amour qui va jusqu'a nous dépoüiller de toute sorte d’intérest.
Et c'est ainsi que J. Chr. nous a aimés, quand il nous a témoigné le plus grand excès de sa charité, puisqu'il a sacrifié pour nous sa propre gloire, son propre bonheur et sa propre vie. Il nous a aimés jusques a se faire pauure, de riche qu'il etoit ; voilà l'intérest de sa gloire dont il se priue, paroissant dans la misere et dans l’ignominie, voilà l'interest de son bonheur et de sa joye dont il se priue, s'abandonnant à la douleur et à la justice, voilà enfin l'interest de sa vie qu'il perd pour l’amour de nous-mesmes sur une croix et ]| après qu'il nous a ainsi fait voir l’exces de son amour il nous dit : Mandataum....
Ce morceau, gardé par le copiste du manuscrit de Grenoble, est lui aussi à comparer avec le développement de la dominicale qui a conservé la substance de ce sermon sur la Charité du Prochain » !; toutefois les différences sont plus accentuées. (est pourtant le même thème, mais saint Jérôme n’est pas invoqué, et le développement plus court du ms. est amplifié sur la fin :