‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 78 sur 367 · LES DÉFENSEURS DE L'AUTHENTICITÉ · texte numérisé non relu

LES DÉFENSEURS DE L'AUTHENTICITÉ

uniquement l'attribution sur ces caractères intrinsèques.

Qui recevrait cette acquisition nouvelle, dépourvue de tout indice extrinsèque, appuyée seulement sur ce que son auteur déclarerait y voir et y montrer le style et la manière de tel ou tel écrivain ? Aux yeux de la critique historique, une découverte aussi faiblement étayée risquerait bien de rester non avenue. Aussi, sans être sceptique à l'excès, est-il sage d'attendre, pour se rassurer pleinement sur l’authenticité des œuvres oratoires publiées par Bretonneau, d’autres preuves que cette comparaison avec les sermons parus à son compte, qui semble, après le P. Lauras, décisive au P. Longhaye et à M. Brunetière. Serait-il prudent du reste de s’en remettre à leur autorité en cette matière ? Le premier semble, dans son ouvrage, assez peu au courant de la question des manuscrits qu’il indique comme en bonne voie de découvertes. Quant à M. Brunctière, dans un article: La Bibliothèque de Bossuet, paru au Journal des Savants, en avril 1900, 1l paraît avoir oublié ce qu'il disait dans la Grande Encyclopédie et dans son Manuel de Littérature, sur lédition princeps de Bourdaloue.

Voici ce passage, à la fin du très ingénieux paragraphe où M. Brunetière a essayé de faire le départ entre les livres achetés du vivant de Bossuet et ceux qui furent acquis après sa mort :

Je n’y compte pas davantage (dans la première catégorie) un exemplaire des Sermons de Bourdaloue, au millésime de 1707. I y avait trois ans alors que Bossuet n’était plus de ce monde, et comme d’ailleurs l'édition, n'étant pas authentique (?), n’a pu faire l’objet

d’un envoi des confrères ! du père Bourdaloue à l'abbé Bossuet, c'est

{. Ce que nous savons des rapports de l'abbé Bossuet avec La Rue qu'il invita pour l'oraison funèbre de son oncle, autant que la reconnaissance envers le P. La Chaize, auquel il dut de succéder à son oncle, comme abbé de Saint-Lucien-lez-Beauvais, autoriserait à penser que des exemplaires des quatre premiers volumes lui furent envoyés en retour de l'Oraison funébre de son oncle, offerte par lui. Voici en tous cas deux lettres inédites prouvant que l'édition de 1707 était tenue comme authen-

lui qui les aura vraisemblablement acquis pour s'en inspirer. Possesseur des sermons manuscrits de son oncle, on ne sait si on doit le féliciter de ne les avoir pas profanés en les pillant ou le plaindre, puisqu'il les avait dans les mains, de leur avoir préféré ceux de Bourdaloue. Deux ou trois générations ont pensé avec Voltaire qu’aussitôt que Bourdaloue eut paru dans la chaire, Bossuet ne passa plus pour le premier prédicateur de son temps.

Le savant critique commet ici en effet cet incroyable oubli (si les plus grands écrivains n'étaient coutumiers . de pareilles distractions), de prendre l'édition de 1707, la première édition authentique et officielle, pour une de ces subreptices désavouées par Bourdaloue et par ses confrères, concluant de celte grave erreur, que l'édition de 1707 n’a pu être offerte au futur évêque de Troyes par la Compagnie. Il paraît oublier surtout un autre point dans les déductions qu'il üre de cet exemplaire des Sermons de Bourdaloue. N'est bien connu, en effet, par les médisances de Ledieu sur le compte de cet abbé Bossuet que le vindicauf secrétaire n’a pas toujours aimé, que le neveu du grand homme ne s'est point fait faute de prêcher, même dès le jeudi 1° novembre

tique. C'est le P. Martineau lui-même qui fait hommage à Madame de Maintenon de l'avent et du carème publiés par Bretonneau. La copie de ces deux lettres est conservée aux Archives Nationales.

Copie manuscrite des leltres adressées à Madame de Maintenon. Lettre du P. Martineau à Madame de Maintenon :

Madame, je sai que vous avez honoré le Père Bonrdaloue de votre estime pendant qu'il vivoit et je ne doute pas qu'après sa mort ses onvrages ne vous soient agréables. Ayez la bonté, Madame, de ma donner demain matin un moment d'audience, j'aurois l'houneur de vous en présenter quatre volumes dont on vient d'achever l'impression, ils seront suivis avec Le tems de plusieurs autres qui m2 donneront comme ceux ci l’occasion de vous assurer que je suis avec un très profond respect votre très humble et très obéissant serviteur, MARTINEAU.

(Cette lettre est évidemment de 1707.) Denxiôme lettre.

(Celle-ci doit ètre de 1709 et relative à l'envoi des Mysleres )

Madame, voici deux tomes des sermons du Père Bourdaloue que je vous prie de rese-

voir (sic) comme une marque de respect tres profond et très sincère avec lequel j'ai l'honneur d'être en N.-S., Madame,

Votre très humble et très obéissant serviteur,

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