LES MODIFICATIONS PROBABLES
Ed. princeps in-8 de 1707.
un autre sens les spirituels & les sages du monde, elle doit estre expliquée dans la simplicité de la foy ; en sorte qu’on vous en donne une intelligence exacte capable de vous édifier. C'est ce que je
Ed. in-12 de 1708.
rien outrer. Dans la chaire sainte ou je parle, il n’est jamais permis de le faire, & la verité que je vous annonce, est déjà si terrible par elle-mesme, qu'il suffit pour vous remplir d’une salutaire
vais faire dans ce discours... frayeur, de vous la proposer dans la simplicité de la foy. C'est ce que Je vais faire dans ce discours...
Faut-il croire que cette façon d’opposer la prédication de l’enfer à donner devant le peuple, avec l’appui des images sensibles et la mention expresse des flammes éternelles, à celle qui convient à un auditoire plus délicat, ait été malignement interprétée, et que l’on ait blâämé l'espèce d’antagonisme que le premier texte semblait admettre entre ce qu’explique « la simplicité de la foi », et les étangs de feu ou autres images bibliques qui certes ne lui sont pas étrangères? Toujours est-il que ce passage susceptible d’une interprétation défavorable, et ayant prêté sans doute à des critiques que le censeur des livres, M. de Précelles, dans son Approbation du 12 mars 1709, n’avail point prévues, disparut dès l'édition in-12 de 1708, et fut remplacé par le nouveau texte.
Supposerons-nous que cette leçon, rencontrée seulement dans la suite par léditeur dans les € papiers du P. Bourdaloue » comme exorde de quelque doublet du sermon sur l'Enfer, lui aura plu davantage et qu'il aura voulu la substituer à la première, ou devons-nous croire que cette correction est de Bretonneau ? Quelle que soit la solution adoptée, je conviens qu’on ne peul guère Urer argument ni pour ni contre la fidélité de l’édition, de cette table des errata annexée au dernier volume des Pimanches. Tout au plus, comme les très intéressantes remarques 1ypographiques relevées sur les dernières épreuves de deux
volumes de cette même partie des œuvres, par M. l’abbé L. Couture !, établiraient-elles le souci du P. Bretonneau, de faire aux sermons qu'il présentait au public, une toilette digne d’eux.
Divers indices prouveraient davantage sa fidélité, s’il était toujours prudent — nous avons vu le contraire pour de Foris —- de s’en trop rapporter à certain étalage de scrupules affichés par les éditeurs. Ainsi le som de publier, imparfait, le sermon du lundi de Pâques au volume des Mystères?, ainsi l'addition postérieure de certains sermons rencontrés sans doute trop tard pour prendre rang à leur place naturelle, comme le Panégyrique de saint Benoît (dont il sera question, à propos de l’année 1666), inséré dans les Pensées, comme une homélie sur l’Aveugle-né, faisant double emploi avec un des sermons du Carëème, et qui, trouvée après coup, est entrée dans les Dimanches *.
Mais parmi les faits, trop rares d’ailleurs, qui paraissent en faveur de la fidélité de cette édition, il faut compter surtout, à mon sens, l’article des Memotres de Trevoux qui, en juillet 1735, faisait hardiment appel au contrôle du «manuscrit de l’auteur.» Il est malaisé de penser que, dans le cas d’une édition aussi infidèle que le déclarera plus tard de Foris, les confrères de léditeur aient audacieusement provoqué une sorte d'enquête. On n'offre ainsi qu'à bon escient le contrôle du manuscrit primitif.
Il n’est donc pas inutile de nous demander quelle peut être la valeur et l'origine de cet article anonyme, simple compte rendu d'ouvrage, destiné, semble-t-il, à répondre à des bruits défavorables. IT faut noter en effet qu'il paraît un an après la publication des Pensées, couronnement de l'édition. Ces derniers volumes avaient pu offrir matière
. V. ma Bibliographie crilique de Bourdaloue, p. 19. AN PADITSANAUTDES ETES
. Bibliographie crilique, pp. 7 et 11.