‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 97 sur 367 · LES SERMONS OMIS · texte numérisé non relu

LES SERMONS OMIS

du Q août 1711, imprimait en tête des Mandemens et Leitres pastorales de Mgr Flechier (1712) :

On se dispose, écrit-il, à mettre incessamment sous la Presse les autres Ouvrages posthumes de M. Flechier Evêque de Nismes, sçavoir, ses Discours, Complimens, Harangues, Poësies latines & françoises, Relation des Fanatiques, Lettres missives, &e. On supplie très-instamment les personnes qui étoient en relation avec cet illustre Prelat, où ceux qui ont pris soin de conserver quelques-uns de ses ouvrages, de vouloir bien les communiquer au Libraire qui vend ce Volume, & qui prend soin de ramasser tout ce que cet excellent Auteur a composé, pour en faire part au Public.

L’analogie, malgré ce qu’elle a de conjectural, (car nous ignorons si Bretonneau donna à ses recherches la publicité de l’imprimerie), nous aide à saisir le genre d’investigations auxquelles paraît faire allusion Pavertissement du premier volume des £xhortations.

Il convient donc de tenir compte à cet éditeur du zèle qu'il a sans doute déployé à recueillir tout ce qui pouvait subsister encore des «ouvrages » de Bourdaloue.

Bien plus, dans l'espèce, nous pouvons hésiter à le tenir responsable de la transformation du sermon sur la Prudence du salut en üne instruction, adressée à un seul homme, un ministre d’État, anonyme par malheur.On peut penser que si Bretonneau avait publié d’abord le sermon, linstruction qui, dans la suite, lui fut remise par le destinataire ou ses ayants droit, eût été sans doute, comme plusieurs autres, supprimée commedéjà équivalemment publiée. La différence des dates entre la publication du Carême (1707) auquel appartenait le sermon que nous avons retrouvé, et l’époque où parurent les £xhortations, en 1721, ne permet guère de croire que le sermon ait été omis par Bretonneau, en vue de l’éditer sous cette forme de lettre de direction. D'ailleurs il est vraisemblable que, dans cet état, le morceau ne se trouvait pas parmi les papiers laissés par Bourdaloue et qu’il ne parvint à l’éditeur qu'au momentoù, ayant achevé de donner, avec les Dominicales tous Îles

sermons proprement dits qui ne faisoient point double emploi, il se mit en quête de ce qui pouvait demeurer encore chez les personnes en relations avec Bourdaloue.

Accordons par conséquent, sauf erreur, à Bretonneau, le bénéfice de supposer qu’il n’eut jamais à délibérer sur la suppression du sermon, et que l’auteur lui-même, sur la fin de sa vie, au moment où il ne comptait plus guère donner à nouveau ces sermons de stations quadragésimales devenues trop lourdes pour son âge, l'avait prêté à quelque ami, quelque confrère peut-être, qui oublia de le rendre.

Personne ne nous accusera de ne point faire ici une

conjecture favorable à Bretonneau.

Allons plus loin cependant. J'ai ailleurs, à la suite du P. Chérot, et entrant dans une voie qu’il m'avait frayée , montré dans les derniers volumes de lédition Bretonneau , les Pensees et les £xhortations mêmes, parues plus de douze ans avant les Pensées, mainte trace des lettres qu'on y retrouverait!. Dans ces « Mélanges », l'éditeur faisait passer tout ce qu'il avait pu retrouver ou recevoir de la correspondance spirituelle de Bourdaloue, démarquant pour les généraliser, et en rendre la lecture utile à tous, des lettres de direction dont le correspondant nous restera probablement à Jamais caché.

Aux lettres retrouvées ainsi par le P. Chérot, à celles que Je proposais en outre comme probables , il faut ajouter, Je crois, non comme une des moins typiques, cette même /astraction sur la Prudence du salut?. On y remarquera une espèce de disparate entre le ton assez

1. V. les Mélanges de Bourdaloue, Extrait de la Science Catholique, déc. 1899.

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