APOSTROPHES AUX NOUVEAUX CONVERTIS
nouveaux Catholiques, dont la présence fictive ou non, leur offrait une occasion de répondre aux principales difficultés opposées par le protestantisme.
Voici le passage remarqué par Lauras :
Voilà, mes Freres, ce que nous croyons ; & c’est sur ce dogme ainsi establi que sont fondez tous les honneurs que nous rendons à Marie: c'est, dis-Je, sur sa maternité divine, qui dans l’ordre des decrets de Dieu, l’a élevée au-dessus de tout ce qui n’est pas Dieu. Nous n’en faisons pas pour cela une divinité, Ecoutez cecy, vous qui réunis à l'Eglise, avez besoin d’estre instruits à fond de sa doctrine, & achevez de vous detromper des fausses idées que vous aviez conceüës du culte de la Mere de Dieu 1...
Il faut remarquer que ce sermon dans Bretonneau est donné comme prêché à la cour et devant le roi; et il n’est pas impossible que, même à la chapelle royale, ce mot aux nouveaux convertis ait été dit; si l’on admet que le morceau date uniquement de Montpellier, il faut en déduire cette conclusion, que l’éditeur prenait dans les divers sermons de dates différentes de quoi composer une rédaction: mais cette conséquence serait peu appuyée, Car nous savons trop peu ce qui a ou n’a pas été dit par Bourdaloue.
Un des documents dont le’P. Lauras s’est servi pour reconstituer la physionomie de Montpellier à l’époque de Bourdaloue, savoir un rapport de Bâville, conservé dans la correspondance de Bossuet, est aussi à écarter, comme un
anachronisme. En effet le fragment du mémoire cité?
comme faisant connaître « la composition de l’auditoire de Bourdaloue*», date de la fin de l’année 1700. Il est donc inprudent de chercher dans ce « rapport » l’état du catho-
Las)
LATE DEATH 2" Lauras; tp, 34.
3. Lachat, t. XxXvIx, p. 121. « Ma dernière réflexion est que l’on doit certainement compter que tous les nouveaux convertis, qui sont dans cette province au nombre de plus de deux cent mille, se réduisent à trois espèces ; la première de.ceux qui sont sincèrement catholiques, dont le nombre n'est pas grand...»