‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 121 sur 475 · ANALYSE PAR M" DE SÉVIGNÉ · texte numérisé non relu

ANALYSE PAR M" DE SÉVIGNÉ

Il étoit question de son cœur (car c'est son cœur qui est enterré aux Jésuites) 1... Il fit voir que son cœur étoit solide, droit et chrétien.

Solide, parce que... etc. Cela fut traité divinement,

Un cœur droit. que son cœur dans ses déréglements étoit droit. entraîné à une guerre et à une séparation qu'il détestoit intérieurement, et qu'il avoit réparées de tout son pouvoir après son retour, soit par ses services, comme Tollus *, Senef, etc.

Un cœur chrétien, parce que... Je gâte même cette pièce par la grossiéreté dont je le croque... voilà qui vous doit toujours donner une assez grande curiosité pour voir cette pièce imprimée... (Sévigné,

t. vin, p. 45-50).

Bussy répond le 18 mai suivant :

Vous me donnez une grande idée de l’oraison funèbre de Monsieur le Prince par le P. Bourdaloue, en me disant que ce que vous m'en envoyez n'est que croqué. Bon Dieu quel est donc l'original ! car la copie me paroit très belle. (Zbid., p. 52).

On pourra avec intérêt y comparer un autre résumé, donné aussi comme fait de mémoire, par un autre témoin, savoir la relation écrite par Donneau de Visé *. Rédigée de souvenir, tout au moins sur des copies puisqu'elle est antérieure à la publication, elle est un précieux témoignage pour l’histoire de cette oraison funèbre. Aussi bien cette histoire n’est plus à écrire depuis le livre du P. Chérot, Bourdaloue inconnu, auquel je me borne à renvoyer *.

1. Le cœur du grand Condé avoit été porté solennellement, de Fontainebleau à la maison professe des Jésuites (rue Saint-Antoine, à Paris) le 24 décembre 1686, c'est à dire le surlendemain du jour où le corps avait été porté à Vallery non loin de Sens, lieu de la sépulture des Condé. (Voy. le Malherbe de M. Lalanne, t. 11, p. 10, note 13). Le prélat qui présida à cette translation fut l'évêque d'Autun « qui avoit toujours été attaché par un respect particulier à la personne du prince défunt.» (Gazelte de France du 3 mai 1687. Sévigné, ibid., p. 48, note 7.)

2. V. &. 111, p. 108, note 1. — Il n’est question ni de Toluys ni du passage du Rhin dans l'endroit de Bourdaloue dont parle ici M®*° de Sévigné, Il se pourrait que le discours imprimé ne fût pas tout à fait conforme dans les détails au discours prononcé. (1bid., p. 49, note 10.)

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