‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 122 sur 475 · LE CŒUR DE CONDÉ A LA MAISON PROFESSE · texte numérisé non relu

LE CŒUR DE CONDÉ A LA MAISON PROFESSE

Mais il faut lire d’abord dans le Mercure galant de 16837, le récit de la réception du cœur de Condé à la Maison professe, à la fin de décembre 1686. Elle éclaire l’oraison funèbre.

Le lendemain (de cette réception) feste de Noel, le Pere de Villiers, à qui l'éloquence est naturelle, & qui presche depuis La Toussaint dans cette Eglise, prit occasion sur les ornemens lugubres qu'on voyoit à la Chapelle où le Cœur a esté mis, de faire un Eloge de Monsieur le Prince, qui charma tout ceux qui l'entendirent. Il n’y a rien de surprenant en cela. Ce Pere a l'esprit aussi fin que delicat & l'Art de prescher ! que vous avez veu de luy, vous a fait connoistre il y a longtemps qu'il a le talent de faire briller par les plus grands traits tout ce qu'il veut peindre. Cet Eloge fut trouvé si beau que plusieurs de ses Auditeurs ont rappellé ce qu'ils avoient entendu, Je le juge ainsi par la diversité des copies qu’on m'en à données, Je vais me servir de celle qui m'a paru la plus juste. La Morale estoit sur l'obligation de vivre en chrestien, & le Pere de Villiers, apres avoir etably cette obligation conclut en ces termes.

C’est apres tout où il faut revenir. C’est où nous rappellent les lumières de la raison et du bon sens. Les plus Illustres Vies ont joint tost ou tard la qualité de Chrestienne à toutes les eclatantes qualitez qui les ont distinguées, & quelque grand que soit un cœur, il n’est veritablement grand que quand il est veritablement chrestien. Pardonnez moy, mes chers Auditeurs, si en vous disant icy que les plus grands cœurs ont reconnu tost ou tard l'obligation, où plûtost la nécessité de vivre chrestiennement, ie vous donne lieu de penser à celuy qui l’a si bien reconnüe & qui l’a confessée si hautement les derniers jours de sa vie. Vous voyez de qui je parle & ces lugubres ornemens qui ont d’abord frappé vos yeux, & renouvellé en vous le

tudo. Eumdem principem aliquanto antè laudaverat lalinà Oralione P. Jac. de la Baune.» (Dossier du P. Lauras.)

Le P. L. Bourdaloue a prononcé en avril l'oraiscn funèbre de Louis de Bourbon prince de Condé dans l’église de la maison professe. Trois princes du sang y assistaient avec une foule de grands. Le P. Jac. de la Baune avant lui avait prononcé l’oraison funèbre en latin. (Traduct. du P. Sommervogel.) (R.)

Chérot, p. 95 et suiv. V., p. 15, l'extrait complet des Lettres annuelles, mais remarquer surtout la reproduction de la gravure qui nous donne l'auditoire de Bourdaloue et l'orateur en chaire dans l'église de la Maison professe. C'est une véritable restitution due à la sagacité du critique qui à identifié cette gravure, publiée anonyme dans l'Histoire de la langue et de la littérature française, de M. Petit de Julleville,

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