LA BRUYÈRE ET BOURDALOUE
Le] ’ ’ Là Ca , . l’année précédente. On trouve dans la gazelte janséniste récemment citée un écho de l’émotion produite par cet ouvrage.
Il y a icy, écrit à la date du 5 mai le correspondant anonyme, un liure qui fait du bruit, c'est le Theophraste ou le caractere des mœurs de ce siècle. On y fait les portraits de Mr le Cardinal de Bouillon, de Mr de Paris, de Mr de Meaux 1.
Sans doute les contemporains y virent plus d’une allusion qui nous échappe, mais peut-être aussi de nos Jours y mettons-nous des intentions que l’auteur même ne soupçonna Jamais. On ne peut nier cependant qu’une phrase du Discours sur Théophraste n'ait visé la modedes portraits sur laquelle reviendra plusieurs fois l’auteur ?,
Discuter la responsabilité qui incomberait à Bourdaloue dans ce que La Bruyère estimait sans doute une déviation de l’éloquence de la chaire, nous conduirait loin de la chronologie. Relevons le passage à son année d’apparition, sauf à revenir * sur certains jugements de La Bruyère en matière d’éloquence sacrée, A côté de fines et justes remarques, il en est de fort contestables. Voici son « allusion » à la vogue des peintures de mœurs :
Quelques savans, dit-il, ne goûtent que les apophthegmes des anciens et les exemples tirés des Romains, des Grecs.... Ils ne sont point touchés des hommes qui les environnent et avec qui ils vivent, et ne font nulle attention à leurs mœurs. Les femmes au contraire, les gens de la cour, et tous ceux qui n'ont que beaucoup d’esprit sans érudition, indifférents pour toutes les choses qui les ont précédés, sont avides de celles qui se passent à leurs yeux et qui sont comme sous leurs mains ; ils les examinent, ils les discernent, ils ne perdent pas de vue les personnes qui les entourent, si charmés
PORT AN AT 1T32; En, 8,
2, Dans le commencement du Discours sur Théophrasle, t. 1, p. 10 et note 2 de l'édit. Hachette, La Bruyère fait une allusion certaine à Bourdaloue. M. Feugère dans sa thèse sur Bourdaloue a oublié ce petit fait et M. Saint-René Taillandier le lui a rappelé dans la soutenance de sa thèse en Sorbonne (4 novembre 1874.) (R.)