LES ALLUSIONS A BOURDALOUE
croire que le fait portât sur Bourdaloue. Après 1697, il est plus rarement appelé dans les chaires pour les stations de carême ou d’avent, mais ne s’en consacre que davantage au ministère des dernières confessions. Nous avons vu au début même de cette année 1688, la lettre de Seignelay accréditant Bourdaloue auprès d'Harouys, mis à la Bastille depuis 1687, jugé seulement le 29 mars 1689
Bien qu’il ne soit pas question là d’un mourant, on voit cependant que ce parent de M” de Sévigné, désireux de faire ses pâques, appelle Bourdaloue. Nous retrouverons du reste à la Bastille notre orateur, à titre de confesseur extraordinaire ?.
La pensée 70, au chapitre de la Cour, qui appartient aussi à la première édition, est-elle une réminiscence de quelque sermon de Bourdaloue entendu à Versailles ? Il est vrai qu'il peut n’y avoir là qu’une pure rencontre amenée par la similitude des sujets. Où l’orateur avait dit : « L’ambitieux a dans une cour autant de maitres dont il dépend qu'il y a de gens de toute condition dont il espère être secondé et dont il craint d’être desservi », l'écrivain remarque : «L’esclave n’a qu’un maître ; ambitieux en a autant qu'il y a de gens utiles à sa fortune *. »
Le dernier éditeur de La Bruyère a contesté, et à bon droit, ce semble, l'exactitude de l’application que firent au xvin* siècle les clefs qui imprimaient à côté des mots: «L'on écrit régulièrement depuis vingt années #», «le P. Bouhours et le P. Bourdaloue, tous deux jésuites.» Sans entrer dans le débat, il est aisé de constater que les auteurs de ces clefs n'ont pu songer à Bourdaloue que grâce aux retouches qu’a fait subir à son style son éditeur Bretonneau.
1. V. plus haut, p. 678. Cf. Sévigné, t. vu, p. 563. Dangeau, 80 janvier 1689, t. 11, p. 314, et 29 mars, p. 362.
2 VA25 déc. 1601.
5 HG AN 4. Ouvrages de l'esprit, 60.