LES PRÉTENDUS MOTS HISTORIQUES
Il faudrait cependant se défier de mots historiques de ce genre, quand on les voit mis dans la bouche de plusieurs, comme il arrive à celui-ci, prêté aussi à Massillon. Or nous avons vu qu'à Massillon aussi, à propos de la gêne que lui apportèrent les éditions clandestines de ses sermons, On attribuait une mémoire ingrate. N’avonsnous pas là des explications trouvées après coup, pour excuser le désaveu que l’un et l’autre fit des sermons parus de son vivant ? D'ailleurs, bien que la mémoire tenace puisse s’accorder avec des grandes difficultés à apprendre, il est difficile d’accorder à un orateur auquel on rapporterait une série d'accidents de ce genre le bénéfice d’une mémoire fidèle. C’est cependant un des jugements de la notice sur Bourdaloue parue au Mercure après sa mort, et il faudrait peut-être opter entre Labouderie avec ses ana et le témoignage du Mercure.
Si complaisant qu’on le suppose, il eût craint les démentis, si les arrêts et accidents de mémoire eussent été du domaine public. M. Pabbé Pauthe qui relate aussi !, ce témoignage du Mercure, aurait donc pu ne pas admettre absolument ? le dire de Labouderie qui, selon sa coutume, donne peu de garants,.
S'il est bon de recueillir, sauf à les discuter eux aussi, les témoignages contemporains, il faut regarder de plus près, souvent pour les exclure, les affirmations sans base, apportées par les anecdotiers où ceux qui s’inspirent à ces sources suspectes. Il suffit de citer pour en faire Justice le morceau de Maury sur le sujet qui nous occupe. Dans son chapitre De la mémoire, il écrivait :
Bourdaloue et Massillon, nés l’un et l’autre avec une mémoire
ingrate, et d’ailleurs surchargée d’un si grand nombre de discours qu'ils pouvoient prêcher toutes les stations, toutes les solennités et