‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 197 sur 475 · LES EFFORTS DE MÉMOIRE DE BOURDALOUE · texte numérisé non relu

LES EFFORTS DE MÉMOIRE DE BOURDALOUE

Cette dernière phrase rend donc assez vraisemblables divers récits d'accidents de mémoire, et surtout ceux qui nous montrent Bourdaloue péniblement préoccupé dans sa préparation par ce souci d'apprendre ses discours.

Le reste du témoignage est encore à citer, soit pour autoriser les variantes des copistes, soit pour attester deux carêmes, dont l’un tout au plus serait indiqué dans la Liste, si toutefois même, il est certain que le carême de 1692, à la Salpétrière, vérifie bien la définition. En tout cas, il faut au moins supposer qu’en l’une des années assez nombreuses durant cette dernière période, dans lesquelles nous ne {rouvons pas Bourdaloue inscrit dans la Liste, se place la seconde de ces deux stations populaires dont La Rue nous voulait parler.

Il est pourtant vrai, écrit-il, qu'il eût pu s'en affranchir aisément, par la fécondité de son génie et par sa méthode régulière de distribuer son sujet en parties et en subdivisions, en l'embrassant toujours par ce qu’il renfermait de plus grand et de plus intéressant. Aussi quand il suivait avec pleine liberté les mouvements de son zèle en prêchant aux pauvres, ce qu'il a fait deux carêmes entiers dans les hôpitaux autour de Paris, il y trouvoit toujours le même concours du grand monde et les mêmes applaudissements parce qu'il y portoit toujours le même art de peindre les mœurs, quoique avec des couleurs moins brillantes, et la même force à convaincre le pécheur, soutenue d’une voix enlevante par son éclat et par sa rapidité 1,

Tout serait à souligner dans les phrases de La Rue, les dernières surtout, dans lesquelles la restriction : « quoique sous des couleurs moins brillantes, » établit une distinction entre les sermons récités par Bourdaloue, et ceux où la forme tout au moins était plutôt improvisée. On cherche en vain, sous les retouches de Bretonneau, cette différence, qu'il n’est véritablement pas impossible de remarquer dans les recueils manuscrits contemporains. Il y a en effet dans ces manuscrits, à côté des sermons

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