‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 199 sur 475 · LES DIALOGUES DE FÉNELON · texte numérisé non relu

LES DIALOGUES DE FÉNELON

de la chaire. Par une série de déductions fort ingénieuses et de rapprochements motivés, il est arrivé à les placer vers 1679. Cette date n’est pas pour nous déplaire, et volontiers on la confirmerait par la lettre ouverte de notre janséniste, critique de la méthode de Bourdaloue, citée à l’occasion du bruyant carême de Saint-Eustache. Néanmoins le portrait, pour ne pas dire la caricature, de notre prédicateur, que l’on a voulu voir dans ce dialogue, viset-elle si assurément Bourdaloue ? Pour un grand nombre de critiques ou d’historiens, il n’y a pas le moindre doute. M. Profillet, par exemple, qui croit, il est vrai, aussi et au sermon sur l’Adultère, brülé par Bourdaloue, et au Zu es ulle vir, qui, pour lui, sont un même discours daté et entendu par M de Sévigné!, a entrepris la démonstration de ce rapprochement. Sachons-lui gré toutefois d’avoir avoué d’abord? combien léclatant et universel succès de Bourdaloue est difficile à concilier avec ce portrait du second dialogue. Il s'efforce toutefois d’y parvenir.

Je ne me propose point ici de le réfuter, ni de dirimer la question. Fût-1l démontré que c’était bien Bourdaloue et non l’un de ses maladroits imitateurs que visait l’auteur des Dialogues , il n’y aurait point à s’en ébranler. Sans plaidoyer aucun, il suffit de montrer la faiblesse des preuves historiques par lesquelles on a conclu parfois, soit pour, soit contre celle interprétation du passage de Fénelon appliqué à Bourdaloue. Le rapprochement triomphalement apporté parfois entre ce jugement défavorable et une phrase du Mémoire à l’Académie, pour conclure que Fénelon n’a pu viser Bourdaloue, était déjà fort infirme, même lorsque l’on croyait le Mémoire de la composition de Fénelon. Aujourd’hui la preuve est pleinement caduque depuis la belle découverte de M. l’abbé

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