‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 200 sur 475 · LÉGENDE DES YEUX FERMÉS · texte numérisé non relu

LÉGENDE DES YEUX FERMÉS

Urbain , démontrant que l’auteur du Mémoire n’est nullement celui de la Lettre à l’Académie, mais très vraisemblablement Valincour .

Il faut donc chercher d’autres arguments que « ces contradictions graves » relevées entre la lettre et le Mémoire et il est fâcheux que dans une série d’articles pleins de chaleur intitulés Bourdaloue préchait-il les yeux fermés, M. l'abbé Berthucat défende par des raisons hors d'usage une thèse excellente?. Il en a d’autres aussi et bien meilleures, ce qui est d’autant plus méritoire qu'il ne les à point trouvées dans le le livre de M. l’abbé Pauthe, qu'il semble ignorer ?.

1. V. Revue d'histoire littéraire de la France, 15 juillet 1899, p. 367-407.

2. Conférence donnée à la Réunion d'études ecclésiastiques de Bourges, par M. l'abbé Berthucat, agrégé de l’Université, prefet des études à l’Institution Sainte-Marie. Le conférencier y parle au nom du pays qui a la gloire d'avoir possédé Bourdaloue : « Si Bourdaloue appartient à la Compagnie de Jésus, il nous appartient un peu à nous aussi, prêtres du Berry ; il était à nous avant d'être à elle. » (Semaine religieuse du diocèse de Bourges, 13, 27 avril, 4 mai 1901).

3. M. l'abbé Berthucat, qui a surtout, sinon uniquement, tiré ses déductions ingénieuses de l'étude du P. Lau-as très heureusement dépassee, aurait lu avec profit le très chaud plaidoyer de M. l'abbe Pauthe. Cet auteur parlait au nom du clergé, non seulement du diocèse de Bourges, mais du pays entier à qui appartient Bourdaloue. Il ne faut pas craindre, en effet, que « sa Compagnie » le cunfisque et tire à elle les paroles par lesquelles il lui exprimait sa gratitude, déclaraat «lui devoir tout.» M. Pauthe a pris chaleureusement, un peu trop peut-être, cette cause de l’orateur, comme s’il était «impossible » que le fait fût vrai Ce zèle vient-il du repentir des restrictions faites jadis contre Bourdaloue ? Pour louer Bossuet, M. l'abbé Pauthe avait parfois diminué Bourdaloue : « Bossuet, avait-il écrit dans son Bossuel, .. ne fut point le flatteur du roi, il le fut moins que ne l'avaient été Mme de Sévigné, Bourdaloue et Fénelon lui-même » (P.163). On se fait une idée du trouble que celui-ci (Bourdaloue) devait éprouver quand il voyait son incomparable devancier se mêler à son ‘auditoire. Quoi qu'on en ait dit, Bourdaloue ne remplaça jamais Bossuet et ne le fit point oublier * Les esprits d'élite, si nombreux au xvrr° siècle, ne se consolèrent pas du silence de l’évêque de Meaux et ne mirent l’éloquence des prédicateurs, ses contemporains, pas plus celle de Bourdaloue que celle des autres, en parallèle avec la sienne... Entre l’éloquence de Bossuet et celle de Bourdaloue il y avait des abimes...» (P. 201.) — Certes, je suis de ceux qui mettent le génie oratoire de Bossuet bien au-dessus des dons accordés en matière d'éloquence à Bourdaloue, mais quoique je fuie tout parallèle (cf. plus haut, p. 6401), je suis

* En note : Lettres d'Antoine Arnaud, (La signification de cette note m'échappe.)

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